Réflexions de fin d'année scolaire

LETTRE OUVERTE / Les vacances estivales sont arrivées. Élèves, éducateurs et... (Photothèque Le Soleil)

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LETTRE OUVERTE / Les vacances estivales sont arrivées. Élèves, éducateurs et enseignants sont fébriles et se préparent à la nouvelle année. Oui, diront quelques-uns, nous avons bien travaillé et surmonté bien des obstacles, quoique à dures peines en raison du manque de ressources dans les écoles.

En unisson, on suit le même rituel chaque fin d'année, et, dans le tourbillon d'examens, de corrections, de rencontres et de réunions pour discuter du code de vie, des effets scolaires, entre autres et, d'une certaine façon, préparer la prochaine année, ce que c'est bien et on a besoin d'être encadré, on ne s'interroge pas sur ce qui ne va pas du tout en éducation au Québec. 

On parle déjà d'une autre réforme de l'éducation, et je me demande si on s'attardera à des vrais bobos au lieu des aspects périphériques - chiffres ou lettres pour les bulletins ? Lettre cursive au lieu de lettre d'imprimé ? -- qui relèvent plutôt d'une technicité que des vrais enjeux relativement à la pratique pédagogique et tous les jours.

J'aimerais soulever un aspect crucial qui certes exerce une influence dans la perception qu'a le jeune de l'école : le rôle des parents. 

Lors d'une conversation avec des collègues, une histoire m'a faire réfléchir. Un parent s'est excusé auprès de l'absence de son enfant aux examens du ministère. Raison : l'enfant était «fatigué» car il avait participé à une compétition sportive. Là on est devant un cas qui se répète partout et qui révèle non seulement un manque de jugement, mais une difficulté d'établir les priorités au bon endroit. 

En effet, la pratique sportive est importante pour la santé et on l'encourage. Cependant, les activités sportives ne doivent pas emporter sur les devoirs de l'élève et les parents en sont directement responsables. 

Le même principe s'applique aux habiletés sociales en société et dans nos écoles ; avant la Révolution tranquille, les étudiants se levaient pour accueillir les enseignants et le directeur. Aujourd'hui, c'est commun arriver en classe sans saluer l'enseignante et les camarades : bonjour, excusez-moi de mon retard, au revoir et merci ne sont plus au rendez-vous. 

C'est aux parents le rôle d'inculquer les principes du savoir vivre à leurs enfants. Pire encore : certains parents, par ignorance ou malveillance, s'opposent au rôle de l'école qui doit non seulement assumer la responsabilité parentale, mais aussi faire face à leur manque. 

Aussi nous sommes confrontés à de sérieux problèmes d'intimidation au primaire, non seulement dans la cours de l'école mais aussi en classe auprès des enseignants : le manque de respect, le sacre, le vandalisme dans la classe et ce, sans que les parents en assument la responsabilité. Imaginez-vous qu'est-ce qu'on aura comme citoyens dans un avenir si proche. Oui, certains enfants ont des problèmes à la maison. Mais jusqu'à quel point doit-on être indulgent ? 

Aujourd'hui, en tant que spécialiste en langues modernes au Québec, quand on fait un bingo en classe, les jeunes chialent au lieu d'accepter et de remercier pour nos petits prix. J'entendu plusieurs fois :  «Ah c'est ça le truc, un stylo, un crayon ? Ah bien, si je le savais je ne participerais pas au bingo.» Cela m'a dégoûtée. Pire encore : profondément attristée de voir tant d'arrogance et de mépris ! Je me demandais où se trouvaient alors l'esprit d'équipe, l'effort, le sens de responsabilité, l'initiative, la détermination, la persévérance, la gratitude et tant d'autres valeurs oubliées. J'ai pensé : ce sont des enfants, mais ces enfants sont fruits d'un arbre. Comme dit bien le dicton : la pomme ne tombe pas loin d'arbre.

Voici le défi : les parents doivent se responsabiliser et assumer la formation des leurs enfants à la maison, c'est-à-dire leur dé(montrer) les valeurs et les principes basés sur le respect de soi et de l'autre sur les concepts fondamentaux de l'effort, de la patience et du dépassement de soi, et cela veut dire pour ceux qui ne peuvent pas s'occuper de leurs enfants pour des raisons x ou y, de chercher de l'aide au sein de la communauté pour mieux les aider. 

Quand je mentionne se responsabiliser c'est aussi de prendre leur rôle de mère et de père au sérieux, de favoriser leurs activités en fonction d'une vie en famille, de trouver de moyens de dialoguer avec eux et de les orienter à mieux vivre en société comme un citoyen responsable de ses actes et de ses gestes. Le manque de temps dont plusieurs parlent peut être un des obstacles, mais ne constitue guère une excuse pour se déresponsabiliser. 

Si chaque parent fait sa part, l'école peut s'occuper de son lot auprès des enfants sans être tellement hypothéquée comme elle se trouve maintenant. On se trouve injustement étouffée, affalée, tiraillée, blâmée de tous les côtés. En deuxième lieu, comme maître Paulo Freire affirme : «L'acte d'éduquer va au-delà d'un échange entre enseignant - élèves, mais comporte une dimension politique humble et empathique car personne ne s'éduque seul, les hommes s'éduquent ensemble, par l'intermédiaire du monde.» Cette affirmation se traduit avant tout par une volonté d'agir. Jouer les rôles de façon à ce que l'intérêt fondamental soit le même : contribuer à l'épanouissement de l'individu dans la société. Cela englobe une volonté qui se veut politique, car chaque bout de chou d'aujourd'hui est potentiellement un citoyen de l'avenir.

Maria Soares Costa, Gatineau

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