Des animaux trop vaccinés

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Le Droit

Il y a quelques années une enquête auprès de 10 établissement vétérinaires à Toronto, où on a présenté le même chien, a révélé que dans cinq cas sur 10 on avait proposé des traitements inutiles. Des enquêtes semblables au Québec et aux États-Unis ont révélé des tendances similaires.

Parmi ces traitements superflus, on retrouve la vaccination annuelle, qualifiée de survaccination en France, où les coûts des soins vétérinaires ont crû de 70% en 10 ans. Devant l'inaction des autorités professionnelles, un vétérinaire texan, Bob Rodgers, a lancé une recours collectif afin d'enrayer cette pratique.

On sait pourtant depuis 50 ans qu'il n'est pas nécessaire de vacciner à chaque année. 

En 1969, nos professeurs nous recommandaient déjà de ne vacciner les chiens qu'aux deux ans après le rappel à un an et de ne plus vacciner après 8 ans, sauf pour la rage. 

Les vaccins vivants modernes sont encore plus efficaces et confèrent une immunité d'au moins 3 ans - et parfois toute la vie -, tel que démontré par plusieurs études dont Aubert (1992) pour la rage en France, et Schultz aux États-Unis. Ce dernier, qui étudie la question depuis 30 ans, affirme qu'un seul vaccin après l'âge de 4 mois protège en moyenne pendant 7 ans contre les virus de la maladie de Carré (distemper), de l'hépatite et de la parvovirose.

Pourtant, nous voyons régulièrement dans notre pratique des animaux qui sont vaccinés à chaque année. On vaccine aussi a l'occasion d'une chirurgie, ce qui peut compromettre tant la vaccination que la récupération. Nous avons même vu, provenant d'un hôpital moderne employant des diplômés récents dont la compétence est pourtant reconnue, un rappel de vaccination destiné à un labrador de 14 ans, vacciné tous les ans de 6 à 13 ans, alors que la moyenne de vie de cette race est de 12 ans.

Plus de 40 ans après la fin de nos études, l'ordre se contente de recommander la vaccination aux trois ans mais n'impose pas son protocole de vaccination.

En imposant son protocole, comme on vient de le faire pour la caudectomie, l'ordre aiderait grandement le public d'abord, puis les vétérinaires qui le respectent déjà ensuite - et tout spécialement les nouveaux diplômés. Ceux-ci, dont le manque d'expérience ajoute à la difficulté de respecter les quotas de production ou de vente qu'imposent certains établissements, seraient plus à l'aise avec l'aspect commercial de la médecine vétérinaire s'il n'avaient plus à proposer des vaccins superflus. 

L'auteur, Dominique Bhérer, est médecin vétérinaire à Maniwaki.

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