Mettons le revenu de base à l'essai

Un Canadien sur sept vit dans la pauvreté.... (Photothèque Le Soleil)

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Un Canadien sur sept vit dans la pauvreté. Cela équivaut à plus de cinq millions de personnes, plus d'un million d'enfants.

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Le Droit

De nombreuses familles peinent à payer le loyer et n'ont pas ce qu'il faut pour payer les fournitures et voyages scolaires de leurs enfants. Beaucoup comptent sur les banques alimentaires simplement pour nourrir leur famille.

Un Canadien sur sept vit dans la pauvreté. Cela équivaut à plus de cinq millions de personnes, plus d'un million d'enfants. On estime également qu'il y aurait de 150 000 à 300 000 sans-abri au pays. L'année dernière, près de 900 000 Canadiens ont eu recours aux banques alimentaires chaque mois. 

L'accroissement des revenus et de l'inégalité des richesses modifient par ailleurs ce que nous sommes comme société. Le Conference Board du Canada a donné au Canada un «C» pour ce qui est de l'inégalité, ce qui nous classe au 12e rang des 17 pays étudiés. 

Malgré toutes les mesures sociales en place, le revenu disponible est souvent insuffisant pour une famille qui se trouve en situation de pauvreté. Dans le pire des cas, les politiques et les programmes actuels cimentent parfois la pauvreté.

Nous avons besoin d'une nouvelle solution. 

Le revenu de base pourrait fonctionner comme un crédit d'impôt à la manière du Supplément de revenu garanti accordé aux aînés. Toute personne en dessous du seuil de la pauvreté recevrait ce dont elle a besoin pour franchir ce seuil. 

L'instauration d'un revenu de base constitue une approche beaucoup plus simple et plus transparente de lutte contre la pauvreté que notre actuel fouillis de programmes sociaux. Le revenu de base permettrait d'aider ceux qui n'ont pas droit à des programmes d'aide sociale, comme les travailleurs pauvres. Il aurait aussi un effet de stimulation par l'injection rapide d'argent dans l'économie. 

Dans les années 1970, le Canada a lancé le programme Mincom, dans la ville de Dauphin, au Manitoba, pour faire l'expérimentation du revenu de base. Les visites à l'hôpital auraient chuté de 8,5% à cette époque. Les accidents de travail et les urgences attribuables à des accidents de voiture ou de violence conjugale ont diminué, tout comme les visites attribuables à des problèmes de santé mentale. 

Seuls les adolescents et les nouvelles mères travaillaient moins avec un revenu de base. Les mères restaient plus longtemps à la maison avec leur bébé. Les jeunes travaillaient moins, mais consacraient davantage de temps à leurs études et obtenaient des diplômes en plus grand nombre. De façon générale, la participation au marché du travail est demeurée solide. 

Ces résultats et d'autres dans le monde montrent que le revenu de base peut non seulement améliorer grandement les conditions de vie des plus vulnérables, mais qu'il peut aussi faire diminuer nos dépenses. Car la pauvreté a un coût pour tous parce qu'elle ralentit l'économie, fait augmenter l'impôt, augmente les coûts en soins de santé et fait grimper la criminalité. 

Prenons les choses une à la fois. Nous avons besoin d'un projet pilote qui produira des données fiables sur le Canada, qui contribuera à déterminer comment le système proposé fonctionnerait aujourd'hui et qui précisera clairement les avantages et les coûts de ce système.

L'instauration d'un revenu de base est une approche différente dont le potentiel a été démontré. Examinons les preuves. Penchons-nous sur cette approche. Si elle fonctionne, nous mettrons non seulement fin à la pauvreté, mais nous dépenserons notre argent de façon plus intelligente, plus efficace et plus efficiente.

L'auteur, Art Eggleton, est sénateur. Il a auparavant été maire de Toronto et ministre fédéral dans le cabinet de Jean Chrétien.

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