Registre des armes: plaidoyer pour une troisième catégorie

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«Là où je ne suis pas du tout d'accord, c'est que les associations prétendent défendre les intérêts des chasseurs comme moi, alors que la notion d'arme d'épaule n'a cessé d'être élargie au cours des dernières années», souligne l'auteur de cette lettre.

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Point de vue
Le Droit

Je pratique la chasse depuis plusieurs années. J'ai suivi tous les cours requis et suivi les règles du fédéral dans la foulée de la tuerie de Polytechnique.

J'ai ainsi suivi le cours obligatoire de maniement des armes à feu, celui d'initiation à la chasse, en plus d'enregistrer les armes que je possédais déjà ainsi que celles que j'ai achetées par la suite. J'entrepose mes armes de chasse dans un coffre-fort fermé à clé, je conserve les munitions séparément et je mets un verrou de pontet à chacune de mes armes comme exigé par la loi.

Je n'ai jamais eu de problème avec ces exigences. 

J'étais donc d'accord avec l'argument des associations de chasseurs et pêcheurs à l'époque pour faire annuler cet irritant du registre fédéral. Sauf qu'au fil des années, ces organisations ont pris une position plus orientée vers l'abolition de l'enregistrement des armes d'épaule, tel que l'a finalement décidé le gouvernement conservateur en 2012.

Il existe un contrôle serré des armes à feu au Canada. Tout citoyen doit suivre des cours, obtenir un permis de possession et d'acquisition après une enquête des services policiers, le renouveler régulièrement, et entreposer et transporter ses armes et munitions de manière sécuritaire. On est pas mal loin de nos voisins du Sud ici.  

Il y a deux types d'armes, celles à possession restreinte et celles qui ne le sont pas, communément appelées «armes d'épaule». Les armes à possession restreinte, considérées comme plus dangereuses et qui sont l'objet de trafic illicite, font toujours l'objet d'un enregistrement obligatoire.  

L'enregistrement des armes d'épaule n'est plus obligatoire depuis 2012. C'est seulement cette obligation d'enregistrer de nouveau les armes d'épaule au Québec qui fait actuellement l'objet d'un vif débat, qui dérape souvent d'un côté comme de l'autre.

Je comprends les associations de chasseurs de soutenir que l'enregistrement des armes d'épaule n'est pas d'une grande utilité en terme de sécurité publique, même si cet enregistrement n'est pas très compliqué en soi - sauf dans le cas de transferts entre particuliers ou encore entre provinces. 

Là où je ne suis pas du tout d'accord, c'est que les associations prétendent défendre les intérêts des chasseurs comme moi, alors que la notion d'arme d'épaule n'a cessé d'être élargie au cours des dernières années pour inclure des armes qui, tout en étant non restreintes, n'ont rien à voir avec la chasse. Je prends pour exemple ici certaines armes qui s'apparentent à de petites mitraillettes que je vois malheureusement dans les salons de chasse et pêche ou dans les publicités de magazines spécialisés, qui n'ont rien à voir avec la chasse et qui, de toute façon, sont interdites pour cette utilisation. 

Avec la complicité du gouvernement conservateur d'antan, elles se sont retrouvées sur la liste des armes d'épaule! Ce sont ces armes que les tenants d'un enregistrement obligatoire des armes d'épaule brandissent à raison comme argument massue pour justifier leur point de vue. 

Ceux qui continuent de défendre le non-enregistrement de toutes les armes d'épaule se tirent une balle dans le pied car la très grande majorité des chasseurs ne se procurera jamais ce type d'armes et est même contre leur promotion.

Ces militants devraient recentrer leur tir et promouvoir que ces armes d'épaule de tir ou de collection prennent ou reprennent le chemin des armes restreintes à enregistrement obligatoire où elles devraient être, ou que l'on crée une troisième catégorie d'armes, les armes d'épaule à enregistrement obligatoire, non autorisées pour la chasse.

Sinon, ils porteront flanc à une critique méritée.

L'auteur, Darquis Gagné, habite à Gatineau.

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