Les enfants et les livres franco-ontariens

Un enfant fréquentant une école de langue française en Ontario n'est pas tenu... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Etienne Ranger, LeDroit

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Point de vue
Le Droit

Un enfant fréquentant une école de langue française en Ontario n'est pas tenu de lire un ouvrage franco-ontarien de la prématernelle à la 8e année. C'est seulement en 9e-10e années qu'il doit en avoir lu trois, pareillement en 11e-12e années. C'est trop peu, trop tard!

Lors du forum provincial «Nos livres, nos écoles», tenu à Ottawa en mars, nous avons appris qu'une élève avait terminé sa 10e année sans jamais avoir lu un seul titre franco-ontarien. Le curriculum de français du ministère de l'Éducation mentionne pourtant le nom de plusieurs écrivaines et écrivains franco-ontariens. Mais l'obligation de lire six ouvrages au secondaire, dont deux romans, ne fait malheureusement l'objet que d'une petite note en bas de page et d'une liste en appendice. Il est évident que certains profs, directeurs et surintendants ne veillent pas au grain.

Le forum nous a également appris que des futurs enseignants dans nos écoles de langue française se présentaient à la faculté d'éducation de l'Université d'Ottawa sans pouvoir nommer le nom d'un seul auteur franco-ontarien! Comme le programme de formation à l'enseignement s'étend maintenant sur deux ans, espérons qu'un rattrapage pourra s'effectuer.

Sans vouloir faire la promotion d'un auteur plus que d'un autre, je me permets de signaler un tout récent album de Dominique Demers, C'est l'histoire d'un ours. Il s'adresse aux enfants à partir de 3 ans et devrait entrer dans toutes les écoles primaires. L'auteure raconte l'histoire d'un ours triste, privé de liberté dans un zoo... jusqu'à ce qu'un petit garçon lui fasse découvrir un objet qui changera sa vie. Cet objet merveilleux est un livre, tremplin par excellence vers le pouvoir infini de l'imagination.

Nous avons des écrivains et écrivaines qui produisent d'excellents contes, récits, nouvelles, romans, pièces de théâtre, recueils de poésie et essais. Plusieurs remportent le Prix Trillium ou le Prix littéraire LeDroit. Une maison d'édition a une collection 14-18 pour les ados. De plus, le concours «Mordus des mots» invite chaque année les jeunes des écoles secondaires à écrire un récit fictif, historique, policier, merveilleux ou autre et à être publié. Les ressources ne manquent pas, mais se rendent-elles dans les mains des écoliers? Trop rarement et pas régulièrement. 

L'Ontario s'est récemment excusée d'avoir imposé le Règlement 17 en 1912. Les paroles ne suffisent pas, il faut poser un geste concret. Je propose un règlement pro-franco-ontarien libellé comme suit: «Dans toutes les écoles de langue française, l'enseignant/enseignante doit présenter au moins un (1) album franco-ontarien par année, de la prématernelle à la 2e année; l'élève doit lire au moins deux (2) livres franco-ontariens par année de la 3e à la 8e année et trois (3) livres franco-ontariens par année, dont un roman, de la 9e à la 12e année.» 

Le règlement devrait entrer en vigueur dès septembre 2016.

Je rêve en couleur, direz-vous. Peut-être sur la date d'entrée en vigueur, mais pas sur le contenu.

J'ose espérer que la ministre Madeleine Meilleur, la ministre de l'Éducation et les porte-parole des Affaires francophones (Gila Martow pour les conservateurs et France Gélinas pour les néodémocrates) n'attendront pas une éventuelle révision du curriculum de français pour agir.

Une collaboration et une action immédiate sont nécessaires.

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est un écrivain franco-ontarien basé à Toronto.

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