L'utilité et les économies du compostage

Au correspondant Serge Landry. (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le Droit

Au correspondant Serge Landry.

Le compostage à la maison est un processus très écologique qui réduit concrètement les quantités de matières résiduelles envoyées à l'enfouissement, je vous l'accorde. Mais la collecte à domicile et en entreprise des matières putrescibles par les municipalités pour les envoyer au compost industriel n'est pas dénuée d'utilité environnementale, contrairement à ce que vous avancez («Non au compostage institutionnel!», 18 avril).

Les matières putrescibles qui seraient normalement envoyées au site d'enfouissement traditionnel ne se décomposent pas gentiment «dans la nature», selon votre expression. Elles sont enfouies avec tous les autres déchets ultimes dans des épaisseurs de matières qui sont par la suite recouvertes (gravier, verre concassé, etc.).

La décomposition qui résulte de cet empilement artificiel se fait sans un apport adéquat en oxygène. L'absence d'oxygène crée une «décomposition» non optimale produisant du CO2 et du méthane, deux gaz à effet de serre indésirables dans ce contexte. Le second est d'ailleurs 21 fois plus puissant que le premier dans son impact sur les changements climatiques.

Sans compter que la décomposition des matières putrescibles dans le cadre d'un site d'enfouissement produit des acides qui se mêlent avec le ruissellement de l'eau aux autres liquides issus des déchets de plastiques et de métaux, par exemple, pour résulter en un lixiviat toxique qui fait son chemin - parfois, hélas! - vers le sol et les cours d'eau ou nappes phréatiques, malgré les membranes géotextiles et les mécanismes de protection mis en places par les firmes d'enfouissement technique. 

Ces inconvénients environnementaux n'ont pas lieu dans un processus industriel de traitement spécifique des matières putrescibles. Et le déplacement des camions en ville et vers les usines de compostage n'équivaut pas, en matière de gaz à effets de serre, à l'impact du même tonnage de matières en contexte d'enfouissement. 

Qui plus est, il en coûte moins cher à la tonne, et de beaucoup, pour la Ville de Gatineau et les contribuables, de faire traiter une même quantité de matières à l'entreprise de traitement du compost à Moose Creek, dans l'Est ontarien, que de l'envoyer au site d'enfouissement de Lachute ou Sainte-Sophie, transport inclus.

Voilà autant de bonnes raisons pour les municipalités de «s'entêter», comme vous dites, dans cette voie stratégiquement plus durable à long terme, pour offrir une solution complémentaire au compostage domestique pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas utiliser cette méthode individuelle. 

Le document complet du Plan de gestion des matières résiduelles 2016-2020 de la Ville de Gatineau, maintenant public, pourra vous en dire davantage sur les quantités et les coûts de traitement des matières.

L'auteure, Geneviève Carrier, est directrice générale d'Enviro Éduc-Action.

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