L'importance de bien nommer une école

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud vient d'annoncer que la nouvelle école élémentaire d'Etobicoke s'appellera Notre-Dame-de-Grâce. Le Conseil scolaire Viamonde a annoncé pour sa part que l'École secondaire Michel-Gratton de Windsor deviendra l'École secondaire Cadillac. Un nom ne sert pas juste à désigner un lieu. En Ontario français, il doit aussi véhiculer un message d'identité.

Ce n'est pas parce qu'une école est catholique qu'elle doive porter le nom d'un saint ou de la Vierge Marie, comme Notre-Dame-de-Grâce. En empruntant cette voie/voix, on rate tout simplement une occasion de rendre hommage à un pionnier ou une pionnière de l'Ontario français, que ce soit du domaine de l'éducation, de la politique, de la culture, de l'entrepreneuriat, des sports, etc.

Le choix de Cadillac est excellent, car les colons qu'il a amenés au Fort Pontchartrain (Détroit), en 1701, ont fondé la première colonie permanente en Ontario, soit le site actuel de Windsor. Cette colonie entièrement de langue française a établi la première école en Ontario (1786). Je me demande encore quel conseil scolaire va finalement donner à une de ses écoles le nom Adhémar-Papineau, en l'honneur des premières institutrices de la province. Le choix du Conseil scolaire Viamonde est un pas dans la bonne direction, car Cadillac est rien de moins que « le père de l'Ontario français ».

Manque d'imagination

Quand on donne à une école le nom du village ou de la ville - comme Casselman, Plantagenet, Hawkesbury, Hanmer ou Hearst -, on manque carrément d'imagination. 

De plus, ce n'est pas parce qu'une école est fréquentée par des jeunes qu'elle doive s'appeler Pavillon des jeunes, Écho-Jeunesse, Franco-Jeunesse, Terre-des-Jeunes, etc. 

Et ce n'est pas avec des vocables tels que L'Envolée, La Source, L'Essor, L'Horizon, L'Équinoxe, L'Odyssée, Le Prélude, Le Sommet ou L'Escale qu'on forge l'identité des jeunes Franco-ontariens. 

En passant, deux écoles secondaires d'Ottawa ont fermé leurs portes au fil des ans, mais leur nom n'a malheureusement pas été repris : École secondaire André-Laurendeau et École secondaire Belcourt. Ces deux noms sont pourtant étroitement liés à l'identité franco-ontarienne. Oui, je sais que plusieurs écoles portent en effet le nom de sommités franco-ontariennes telles que Laurier Carrière, Bernard Grandmaître, Gisèle Lalonde, Omer Deslauriers, Élisabeth Bruyère, Mgr de Charbonnel, Séraphin Marion, Jean Éthier-Blais, Samuel Genest, Jeanne Lajoie, Jean-Robert Gauthier et Louise Charron - pour n'en nommer que quelques-unes. Mais c'est trop peu. 

Chaque fois qu'un conseil scolaire choisit le nom d'une école, il doit s'inspirer de nos explorateurs, pionniers et pionnières, éducateurs et éducatrices, politiciens, artistes, écrivains, entrepreneurs et athlètes. Le nom choisi doit refléter l'identité et la vitalité franco-ontariennes.

NDLR : Le changement de nom de l'école Michel-Gratton à celui de Cadillac a soulevé une certaine controverse dont a fait écho notre chroniqueur Denis Gratton (« Il n'était pas parfait, mon frère », LeDroit, 3 mai)

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est un écrivain de Toronto

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