Les bénéfices et économies des sages-femmes

Qu'en est-il des coûts pour accoucher? La Fédération des professionnelles et le... (Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

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Le Droit

Qu'en est-il des coûts pour accoucher? La Fédération des professionnelles et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec viennent de dévoiler, lors de la Journée internationale de la sage-femme, le 5 mai, une étude comparative sur le coût des accouchements avec des sages-femmes par rapport à ceux pratiqués par des médecins.

Selon cette étude, le coût d'un accouchement par un médecin en milieu hospitalier au Québec est de 25% plus élevé que celui d'un accouchement avec sage-femme en maison de naissance ou à domicile. Nous avons enfin la démonstration chiffrée de ce que nous affirmons depuis de nombreuses années! 

Ces coûts plus onéreux sont notamment dus aux sommes allouées au fonctionnement général et aux infrastructures des hôpitaux, à la présence des médecins (omnipraticiens, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres) et du personnel médical (infirmières et inhalothérapeutes) lors des accouchements et du suivi postnatal. L'étude démontre aussi que le suivi complet - prénatal, périnatal et postnatal - coûte plus cher avec les médecins compte tenu de leur rémunération. Ceci en dépit du plus grand nombre d'heures d'accompagnement de la sage-femme pour le suivi complet de grossesse, qui demande environ 37 heures au total pour l'ensemble des soins et des services.

Au Canada, 26,3% des naissances se produisent par césarienne. Cette intervention coûte environ 2265$ de plus qu'un accouchement vaginal. Le système de santé canadien pourrait économiser près de 25 millions $ si le taux de césariennes était ramené à un maximum de 15% des naissances, tel que recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Les sages-femmes sont essentielles et incontournables pour atteindre cette cible.

L'étude indique aussi que le Québec détient la palme du taux de péridurale pour les accouchements, soit 71,4%, comparativement à celui du reste du Canada, qui est de 58,3%. Il en résulte un coût plus important pour les accouchements en centre hospitalier, et des nombreuses interventions qui en découlent fréquemment. Sans compter que la péridurale augmente les risques pour la santé des mères et de leurs nouveau-nés.

Si les sages-femmes suivaient 10% des grossesses et des accouchements au Québec, comme le recommande la Politique de périnatalité 2008-2018 du gouvernement, l'État québécois pourrait épargner 2,9 millions $ par an sur la rémunération et engendrer des économies récurrentes et substantielles en frais hospitaliers. 

Il faut évidemment souligner que les bénéfices à moyen et à long terme d'accoucher avec une sage-femme vont au-delà de ce que cette étude révèle. Les sages-femmes ont un modèle de soins unique, ancré sur la continuité relationnelle et le partenariat avec les femmes et leur famille. Leur disponibilité 24 heures par jour, sept jours sur semaine, la préparation à l'accouchement et l'accompagnement tout au long du travail ont des effets bénéfiques indéniables, notamment sur la diminution des interventions médicales non nécessaires. 

De toute évidence, les sages-femmes contribuent à la périnatalité de manière importante, et à moindres coûts, par une offre d'excellents services à la satisfaction des femmes et des familles. Pour tout ce qu'elles apportent à la société, il est impératif que le gouvernement fasse tout le nécessaire pour promouvoir, développer et soutenir concrètement leur pratique.

Les auteures, Claudia Faille et Ginette Langlois, sont respectivement présidentes du Regroupement Les sages-femmes du Québec et de la Fédération des Professionnelles (FP-CSN).

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