Le risque d'un surinvestissement en transport en commun

Excellent éditorial de Pierre Jury sur «le mythe de la congestion routière» à... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Point de vue
Le Droit

Excellent éditorial de Pierre Jury sur «le mythe de la congestion routière» à Ottawa, publié le 8 avril.

J'appuie entièrement sa position quand il écrit: «La réalité, c'est que la congestion routière n'existe pas vraiment à Ottawa, ni à Gatineau d'ailleurs. Nous constatons plutôt des bouchons réguliers et prévisibles à certains endroits et à certaines heures de la journée.»

Cette affirmation est correcte, même si on a ajouté des contraintes à la suite des très nombreux chantiers de construction afin d'améliorer de façon significative le service des transports en commun, notamment dans le centre-ville. Imaginez ce que ce sera sans ces contraintes après la fin des travaux.

Comme lui et le conseiller Bob Monette, je supporte fortement l'idée d'attendre pour «voir l'impact que le train léger aura sur les transports dans la capitale avant d'explorer des scénarios alarmistes». Cette position, c'est simplement du gros bon sens.

Je suis davantage préoccupé par la baisse de l'achalandage ces dernières années du système de transport en commun d'OC Transpo et par la possibilité qu'on soit en train de surinvestir dans ce système. Je sonnais déjà l'alarme en 2008. Certes, la Ville d'Ottawa a bénéficié de l'abondance de fonds disponibles au gouvernement fédéral et au gouvernement de l'Ontario en raison des plans de relance mis en place à la suite de la récession de 2008-2009 et à la lente reprise qui a suivi. Mais il n'en demeure pas moins qu'il y a un risque de surinvestissement. 

Après les travaux, les contribuables devront payer l'entretien d'un réseau beaucoup plus gros et sophistiqué. Qui paiera ces coûts? Il ne devrait pas y avoir des subventions pour payer cette facture provenant des deux ordres de gouvernement. L'achalandage devra dont fortement augmenter pour que le coût unitaire des passes mensuelles ne soit pas un fort désincitatif à l'usage même de ce service. Je ne suis pas certain que les projections de la croissance de l'achalandage ont bien tenu compte de certaines tendances, comme le vieillissement de la population, la réduction de la taille relative des opérations du gouvernement fédéral, l'informatisation des services gouvernementaux et la répartition des édifices gouvernementaux sur un plus grand territoire (notamment à l'extérieur du centre-ville).  

C'est un dossier à suivre. Je suis peut-être trop pessimiste, mais ce ne serait pas le premier cas de surinvestissement dans le secteur public...

L'auteur, Jean-Pierre Aubry, est économiste et fellow associé au CIRANO.

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