Le Canada est de retour

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Le premier ministre Justin Trudeau a récemment donné, en quelque sorte, le coup d'envoi de l'exercice diplomatique visant à l'élection du Canada à un siège de deux ans au Conseil de sécurité de l'ONU pour les année 2020-2022.

Le premier ministre Justin Trudeau a récemment donné, en quelque sorte, le coup d'envoi de l'exercice diplomatique visant à l'élection du Canada à un siège de deux ans au Conseil de sécurité de l'ONU pour les années 2020-2022.

Pour atteindre son objectif, le Canada devra convaincre ses pays amis qu'il est disposé à mettre l'énergie et les moyens financiers nécessaires pour seconder l'ONU dans ses missions essentielles que sont la promotion de la paix, le respect des droits de la personne, l'égalité entre les sexes, la protection des citoyens qui seraient en danger dans leur propre pays. Le Canada serait certainement bien accueilli, s'il renouvelait sa participation active aux missions des Casques bleus.

Par ailleurs, le Canada pourrait et devrait encourager le secrétaire général de l'ONU à relancer le débat sur la nécessaire réforme du Conseil de sécurité.

Composé des mêmes cinq membres permanents depuis 1945 - la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie -, le Conseil de sécurité de l'ONU doit impérativement devenir plus représentatif de la géopolitique contemporaine, et disposer de moyens suffisants pour faire respecter son mandat et pour faire appliquer ses décisions. 

L'atteinte d'une réforme atteignable et utile réside dans le choix des pays qui devraient en faire partie et dans le partage équitable du droit de veto. 

La place de l'UE

En plus, il faut surmonter l'obstacle de la place que doit occuper l'Union européenne dans ce forum. Cette décision doit évidemment venir des 28 pays de l'Union européenne. En toute logique, l'UE devrait ne détenir qu'un seul siège, au nom de tous, dans chacune des organisations internationales, là où certains pays membres siégeaient déjà individuellement. Donc, tant que l'Union européenne ne remplacera pas deux de ses membres au sein d'un Conseil de sécurité réformé (la France et la Grande-Bretagne), aucune réforme n'est possible. Cette décision ne sera pas facile à prendre, mais cela devrait se produire un jour.

Rappelons que le Conseil de sécurité de l'ONU a été établi il y a plus de 71 ans, en même temps que l'ONU elle-même. Il est toujours composé des mêmes membres permanents détenant chacun un droit de veto sur toute résolution soumise à l'examen. Sa composition répondait aux réalités politiques et militaires de l'époque. La communauté internationale devait transiger avec l'instabilité et l'insécurité à la suite de la Deuxième Guerre mondiale, et faire face à l'émergence de nouvelles puissances, à des situations économiques catastrophiques ainsi qu'à l'absence de communications, de familiarité et de confiance entre les leaders des nouveaux blocs idéologiques en formation. 

Ceci justifiait, à tout le moins aux yeux des vainqueurs du dernier conflit mondial, la création d'une nouvelle organisation mondiale pour succéder à la Société des Nations, qui n'avait pas survécu aux rivalités de l'entre-deux-guerres. À New York, le 26 juin 1945, on a donc établi l'Organisation des Nations unies avec, en son centre, un Conseil de sécurité composé de membres permanents dotés du droit de veto, les cinq «grandes puissances» de l'époque.

D'autres grands pays

Il suffit d'évoquer l'importance des crises financières, économiques et politiques, et d'énumérer quelques grands pays qui ne font pas partie du Conseil de sécurité pour conclure qu'il y a lieu d'en réexaminer la composition.

On se demande en effet pourquoi n'en feraient pas également partie des pays aussi puissants et populeux que le Japon, le Mexique, l'Inde, le Brésil, l'Égypte, l'Afrique du Sud, l'Indonésie, l'Australie, le Nigéria, l'Iran, l'Algérie et, pourquoi pas, le Canada. 

Tout en pressant les Européens d'arriver bientôt à un heureux consensus sur la place de l'Union européenne sur la scène internationale, on pourrait déjà proposer que se tienne une conférence internationale, qui pourrait formuler une ou deux propositions autour d'un Conseil de sécurité composé de neuf, 11 ou 15 membres permanents, avec cinq ou 10 membres, non permanents. Propositions sur lesquelles l'Assemblé générale de l'ONU pourrait ensuite se prononcer. 

Nul ne sait combien de temps cela prendra à se réaliser. Gardons quand même l'espoir que la recherche de la paix et de la sécurité l'emporteront sur le jeu des rivalités politiques.

Entre temps, remarquons que le mandat du Secrétaire général arrivera à son terme cet automne. Il n'est pas trop tôt pour examiner de possibles candidatures ou la reconduction de Ban Ki-Moun à son poste. Le Canada doit également formuler avoir sa propre politique à ce sujet.

L'auteur, Georges Paquet, est un diplomate canadien à la retraite

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