De grands espoirs pour l'université franco-ontarienne

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Point de vue
Le Droit

Il est compréhensible que Pierre Calvé fasse l'apologie de l'Université d'Ottawa, où il a été doyen, et qu'il se prononce contre la création d'une université franco-ontarienne (29 février). Il est regrettable, toutefois, qu'il passe sous silence des faits qui militent contre le statu quo dont il se fait le défenseur.

Il explique qu'une université «n'est pas qu'un gros collège». La Cité et le collège Boréal apprécieront la leçon. Il postule qu'elle doit créer un milieu où les professeurs «pourront s'épanouir et poursuivre leurs recherches en tant que véritables universitaires». C'est mettre la charrue devant les boeufs. D'après le document Destination 2020 de l'Université d'Ottawa, ce sont les étudiants qui sont au coeur de la mission universitaire.

Il affirme que l'opinion voulant que l'Université d'Ottawa soit devenue un foyer d'assimilation «ne repose sur aucune donnée valable». C'est tout le contraire. En 2006, l'université a créé le Groupe de travail sur les programmes et services en français. Le comité y tirait la sonnette d'alarme au sujet de la proportion décroissante des francophones; du visage français de moins en moins visible; de l'espace de vie en français de plus en plus précaire; et du manque de moyens pour promouvoir et développer la langue et la culture française.

M. Calvé dresse une liste sélective des programmes qu'offre l'Université d'Ottawa en français. Il omet de préciser que dans les facultés des sciences et de génie, il est difficile, et parfois impossible, de faire ses études en français et que la situation n'est guère reluisante dans les programmes de cycle supérieur. Il ne mentionne pas non plus le combat que l'Université d'Ottawa a mené contre l'application de la Loi sur les services en français, ni qu'elle n'a accepté une désignation partielle que devant le tollé que son rejet initial avait provoqué. Les Franco-Ontariens savent que les droits non judiciarisés ne sont que des privilèges qui dépendent du bon vouloir des dirigeants.

Il faut une masse critique pour qu'une université franco-ontarienne soit viable, dit-il, mais qualifie d'«irréaliste» la possibilité que les 12 000 étudiants de l'Université d'Ottawa en fassent partie. Il existe pourtant un précédent. En 1963, l'Université de Moncton est née de la consolidation de plusieurs établissements en une seule université francophone. Avec ses campus à Moncton, Edmundston et Shippagan, et ses plus de 6000 étudiants, l'Université de Moncton dessert une population francophone deux fois moins nombreuse qu'en Ontario. Quant aux Anglo-Québécois, ils ont droit à trois universités et huit collèges de langue anglaise pour une population anglophone légèrement supérieure à celle des francophones de l'Ontario.

Les Franco-Ontariens ont de grandes espérances, mais ce ne sont pas des rêveurs. Ils sont prêts à retrousser leurs manches et à bâtir une université de langue française qu'ils contrôleront et qui répondra à leurs besoins.

L'auteur, Jean-Pierre Villeneuve, habite à Ottawa.

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