Pourquoi remplacer le PLQ par son club-école?

Le député de Verchères et porte-parole du PQ... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le député de Verchères et porte-parole du PQ pour la région de l'Outaouais, Stéphane Bergeron

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Point de vue
Le Droit

Je suis d'accord avec le diagnostic que le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) François Legault fait de l'ineptie de la représentation libérale dans la région («Mettre fin au monopole libéral», 31 mars).

D'ailleurs, force est de constater que c'est souvent sous des gouvernements du Parti québécois et des députés souverainistes - Jocelyne Ouellette, Jean Alfred, Richard Nadeau - que la région a connu d'importantes avancées.

Pendant que la députation libérale demeure désespérément apathique, plusieurs regrettent, par exemple, l'activisme dont faisait preuve le précédent ministre péquiste de la Santé, Réjean Hébert, qui déployait beaucoup d'efforts pour corriger le déséquilibre historique affectant le secteur de la santé en Outaouais. 

Et on pourrait faire la même démonstration dans de nombreux autres secteurs, dont l'éducation supérieure.

Aussi, quand François Legault affirme que seule la CAQ serait apte à remplacer les libéraux, je suis des plus perplexes... Pourquoi voudrait-on remplacer le Parti libéral par son club-école? Lorsqu'on voit trois ex-ténors caquistes et adéquistes - Gaétan Barrette, Dominique Anglade et Sébastien Proulx - occuper des postes importants au sein du gouvernement de Philippe Couillard, on se demande bien ce que la CAQ a de si différent à offrir aux gens de l'Outaouais et du Québec tout entier.

En d'autres termes, comme dit l'adage, la CAQ et le PLQ, c'est blanc bonnet, bonnet blanc!

Cul-de-sac constitutionnel

Les caquistes, tout comme les libéraux, veulent «un Québec fort dans un Canada uni», pour reprendre la boutade de Yvon Deschamps, mais ne proposent absolument rien pour y parvenir. Leur vision est celle d'un cul-de-sac constitutionnel où le Québec doit s'abaisser à geindre et à quémander, alors que le fédéral a toute latitude pour l'ignorer, comme ce fut le cas, par exemple, dans le dernier budget fédéral.

Que propose la CAQ pour prémunir le Québec contre l'indifférence, voire les rebuffades, du gouvernement fédéral? Rien du tout!

Libéraux et caquistes ne semblent pas comprendre que la seule chose qui puisse amener le gouvernement fédéral à de meilleures dispositions vis-à-vis le Québec, c'est lorsque celui-ci exerce un certain rapport de force. Il était d'ailleurs savoureux, à ce propos, de voir François Legault invoquer trois exemples d'ententes bilatérales conclues avec succès: commissions scolaires linguistiques, formation de la main-d'oeuvre et immigration... toutes des ententes conclues sous des gouvernements du Parti Québécois! 

François Legault en a fait la démonstration éloquente: le PQ est le plus apte à obtenir du gouvernement fédéral qu'il prête une oreille attentive aux revendications du Québec, jusqu'à ce que celui-ci décide d'assumer pleinement ses propres destinées.

En sollicitant l'appui des gens de l'Outaouais, François Legault les invite non seulement à faire fausse route avec lui sur le plan stratégique, mais aussi tactique, puisqu'il leur propose simplement de pérenniser la division du vote anti-libéral, plutôt que de concentrer ces voix vers le seul parti qui puisse véritablement remplacer les libéraux et remettre le Québec sur ses rails, soit le Parti Québécois.

L'auteur, Stéphane Bergeron, est député de Verchères et porte-parole de l'opposition officielle pour la région de l'Outaouais.

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