Vaincre les inégalités

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Les minorités visibles et les membres des Premières Nations sont surreprésentés dans le milieu carcéral canadien.

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Dans une société où Noirs et Autochtones constituent une minorité, force est de constater qu'ils sont une majorité dans nos prisons.... Qu'est-ce qui n'a pas marché?

Mon appréhension envers le système de justice canadien et l'égalité des chances est réelle. Malheureusement, il en va de même pour la majorité de nos institutions publiques et parapubliques.

Dans son plus récent rapport annuel adressé à Stephen Blaney, alors ministre de la Sécurité publique, le 26 juin 2015, l'enquêteur correctionnel fait des constats troublants, mais qui ne sont pas nouveaux, hélas. Les minorités visibles et les membres des Premières Nations sont surreprésentés dans le milieu carcéral canadien. «Ce sont des tendances inquiétantes qui soulèvent des questions sur l'égalité et le système de justice au Canada», dit l'enquêteur correctionnel du Canada, Howard Sapers.

Beaucoup de corps policiers refusent de l'admettre. Certains, comme le Service de police d'Ottawa, le reconnaissent et prennent des mesures correctives. Cependant, il est tacitement compris par la population en général et très ressenti chez les minorités visibles: le profilage racial. Au Canada, les personnes de race noire sont davantage soupçonnées, ciblées et surveillées par les policiers, les gardes de sécurité, le système juridique, les écoles et les commerçants. 

Les peuples colonisateurs ont souvent justifié leurs actions d'envahisseurs en prétextant apporter la civilisation à des peuples indigènes faibles d'esprit et sauvages. Ça s'est beaucoup fait sous le couvert de la religion, afin de sauver ces pauvres âmes. On sait très bien que l'appât du gain et le pouvoir que donne la richesse étaient plutôt au coeur de la motivation. Pour enchaîner un autre humain dans l'esclavage, afin d'en obtenir du travail gratuit, il faut bien se justifier face à soi-même en se convainquant que cet esclave était d'une nature inférieure, quelque part entre l'animal et l'homme.

Malheureusement, le racisme est encore souvent latent dans la population. Au cours des ans, les médias nous ont rapporté des cas de discrimination. Mais, pour les quelques cas prouvés et rapportés, il y en a des centaines qui ne font pas la nouvelle. Tout le monde a entendu parler d'un propriétaire qui ne veut pas louer un appartement à une famille de minorité visible. Ou d'un employé du domaine du service, payé au salaire minimum, qui est arrivé avec un diplôme qu'on ne reconnaît pas. 

Des organismes comme la Connexion Jeunesse Canada Afrique, le Conseil de la communauté noire de Gatineau et la Fondation canadienne des relations raciales font des efforts afin de contrer le racisme et d'assurer une intégration à tous les niveaux de leurs membres.

Notre société est basée sur l'égalité de tous devant la loi, dans la recherche d'emploi, dans le logement, etc. Cependant, beaucoup de personnes des communautés visibles et des peuples autochtones n'ont pas vraiment accès aux mêmes services et aux mêmes opportunités que les autres. Les préjugés et la méconnaissance jouent un rôle dans la façon de percevoir et de traiter ces minorités.

Le nouveau gouvernement fédéral démontre de bonnes intentions. Il faut maintenant que les actions concrètes suivent en espérant qu'elles servent d'exemple dans la société pour une acceptation pleine et entière de «l'autre».

L'auteur, Fernand-Bienvenue Ackey, est journaliste, chroniqueur culturel et défenseur de la langue française.

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