L'avenir par  l'entrepreneuriat

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Le gouvernement de l'Ontario a annoncé l'octroi d'un financement de 10 millions $ pour la création d'un Centre d'innovation et d'entrepreneuriat au collège La Cité, à Ottawa.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le gouvernement de l'Ontario a annoncé l'octroi d'un financement de 10 millions $ pour la création d'un Centre d'innovation et d'entrepreneuriat au collège La Cité, à Ottawa. Cet investissement a pour but de créer et d'accroître les occasions d'apprentissage interdisciplinaire et de faire valoir l'expertise dans le but d'appuyer les PME et les entrepreneurs locaux dans le développement de leurs idées et projets.

Cet investissement créera un milieu interdisciplinaire afin de partager les idées, les connaissances et permettre la création de réseaux tant pour les entrepreneurs que pour les futurs diplômés du postsecondaire. Le développement de l'économie et les affaires en français sont le prochain grand sentier d'interventions pour les francophones de l'Ontario. Les nouveaux arrivants doivent voir dans le français un outil d'un meilleur avenir et ceci commence par l'entrepreneuriat. Les grandes entreprises suivront si elles voient le gain économique et la richesse qui en découle. 

L'avenir d'une communauté doit inévitablement passer par la force économique. La compétence professionnelle et le pouvoir économique ont été les outils de survie et de croissance de divers groupes dans la société. Les Franco-ontariens doivent s'en inspirer de cette expérience afin de prendre leur place dans l'espace économique ontarien. 

Afin que l'entrepreneuriat soit un allié du développement des francophones de l'Ontario, il est nécessaire que les dirigeants de ces entreprises affichent autant en français qu'en anglais leurs activités économiques de même que leur site Internet. Ils doivent embaucher du personnel bilingue. Lorsqu'une langue a une valeur économique, cela encourage les individus à l'apprendre et à la maintenir. C'est ainsi que les anglophones inscrivent leurs enfants dans les programmes d'immersion de langue française ou à l'école française afin qu'ils puissent maîtriser notre langue officielle et avoir un avantage concurrentiel sur le marché de l'emploi.

Les entrepreneurs francophones doivent eux-mêmes valoriser la place du français dans l'espace économique afin que les francophones voient un avenir à maintenir leur langue et travailler dans un environnement de travail où les deux langues officielles du Canada sont employées constamment. Les instances gouvernementales ont un rôle primordial en créant une visibilité au français dans l'espace public. Ce travail est accompli par le gouvernement de l'Ontario, les municipalités, les organismes publics et parapublics comme les écoles et les institutions de santé. 

À ce groupe, il faut ajouter le monde des affaires afin que les jeunes veuillent continuer à s'éduquer en français. S'il est plus avantageux d'étudier dans une autre langue du fait que le langage, les idées et les réseaux s'y retrouvent, le français devient une langue accessoire, un divertissement et ultimement, une langue de connaissance générale.

La survie d'une langue et d'une communauté passe par le développement économique. Une langue qui ne fait pas d'argent n'a pas d'avenir et est vouée à son extinction. Voilà pourquoi les francophones doivent prendre le virage de l'entrepreneuriat afin que le quotidien des employés soit aussi une réalité de la dualité linguistique en Ontario et au Canada. Rater ce rendez-vous équivaut à laisser le développement de la communauté francophone sur les seules épaules des instances gouvernementales.  

Tant et aussi longtemps que l'État sera présent, la communauté pourra se maintenir, mais l'avenir reste dans l'espace économique et la création d'un milieu de travail et d'affaires valorisant les deux langues officielles du Canada.

L'auteur, Gilles LeVasseur, est professeur et constitutionnaliste à l'Université d'Ottawa.

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