Un registre injustifiable

En décembre dernier, le gouvernement libéral à Québec a déposé son projet de... (Archives La Presse Canadienne)

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En décembre dernier, le gouvernement libéral à Québec a déposé son projet de loi no 64 sur l'enregistrement des armes à feu sans restriction (fusils et carabines). Une mesure applaudie par certains, mais décriée par bon nombre de chasseurs, tireurs sportifs et collectionneurs d'armes qui y voient une contrainte additionnelle et une dépense inutile.

Plusieurs opposants sont de l'avis que ce soit illogique d'injecter de l'argent dans un tel registre et qu'il serait plutôt sage d'investir dans des dossiers qui s'avéraient plus bénéficiaires pour la collectivité.

Le mouvement «Tous contre un registre Québécois des armes à feu» dénonce cette initiative qui a toutes les allures d'une stratégie politique pour sécuriser les votes du mouvement pro registre. Samedi dernier, ce collectif a organisé une manifestation à Maniwaki devant les bureaux de la députée de Gatineau et ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. En entrevue à RDI, le directeur du Groupe Magna Carta Canada, Shawn Bevins, estime qu'un tel registre «est un gaspillage de fonds publics qui n'est d'aucune utilité dans la lutte contre la criminalité». 

Selon lui, «aucun homicide n'a jamais été résolu grâce au défunt registre fédéral, c'est une fausse perception de sécurité publique.»

Québec compte investir entre 15 et 20 millions $ dans la mise en place d'un registre d'armes à feu sans restrictions. Une amnistie de 2006 à 2015 a été accordée aux propriétaires d'armes à feu (sans restriction) par le gouvernement de Stephen Harper pour les protéger contre d'éventuelles poursuites criminelles. Il n'existe donc aucune trace des transactions de transfert d'armes au Canada entre particuliers au cours de cette période. Seule une arme achetée d'un marchand, où l'enregistrement était obligatoire, figure au registre. Cela signifie que les données conservées par Québec dans le défunt registre fédéral sont jugées obsolètes et on devra repartir de zéro, ce qui sera inévitablement plus dispendieux que prévu.

D'autres moyens

Quant à l'utilité et l'importance de ce registre pour nos agents de la paix, comment justifier un tel besoin quand le Québec fait cavalier seul au Canada avec cette initiative? Pour acheter une arme à feu ou des munitions, il faut posséder un Permis de possession et acquisition (PPA) qui doit être renouvelé tous les cinq ans. Ce système permet alors de mettre à jour la situation des propriétaires d'armes à feu. Un registre de ces PPA peut être consulté chaque jour par les divers corps policiers. Donc, pourquoi créer un registre d'armes à feu?

Par ailleurs, le projet de loi prévoit «l'attribution d'un numéro unique à l'arme à feu qui n'a jamais été immatriculée et un numéro d'immatriculation pour chacune des armes qu'il immatricule». Illogique car les armes à feu ont toutes un numéro de série de manufacturier unique à chaque arme. Parle-t-on de burinage, d'autocollant ou autre? Les chasseurs et les collectionneurs n'ont aucun désir de voir un numéro buriné sur leur arme, ce qui nuirait non seulement à son apparence mais également à une bonne partie de sa valeur marchande. 

Enregistrer, immatriculer et buriner les armes à feu ne rendra pas notre monde plus sécuritaire.

Il existe d'autres moyens logiques et moins dispendieux pour améliorer le contrôle des armes à feu comme en resserrant les critères d'obtention du permis de possession et d'acquisition et en misant sur l'éducation et les notions d'entreposage et de manipulation sécuritaire des armes à feu.

L'auteur, Jean R. Larivière, est chroniqueur chasse-pêche à Gatineau

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