Des politiques qui ont empiré le décrochage scolaire

Il faut vivre dans l'amnésie pour croire que... (Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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Il faut vivre dans l'amnésie pour croire que la persévérance scolaire est une priorité du gouvernement Couillard, soutient l'auteur.

Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

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J'ai sursauté à la lecture de l'article «Les superhéros du quotidien».

Ce texte souligne la semaine de la persévérance scolaire que le gouvernement Couillard met de l'avant.

Il faut vivre dans l'amnésie ou avoir été loin du Québec au cours des dernières années pour croire que la persévérance scolaire est une priorité de ce gouvernement. Il a coupé près de un milliard de dollars dans le monde de l'éducation aux cours de dernières années et aujourd'hui il veut nous parler de persévérance scolaire? 

Il faut visiter les écoles primaires pour y constater l'état des lieux. D'abord les bibliothèques, ce qu'il en reste, elles font vraiment pitié. Les rayons, quand il y en a, contiennent des livres d'une autre époque et la préposée, on a coupé les postes de bibliothécaire, souvent une bénévole, ne fait que rafistoler ce qui reste de livres. 

Demandez à une enseignante combien elle dispose comme budget de matériel pédagogique? Celui-ci est réduit comme peau de chagrin... quand il en reste. Il n'est pas rare de les entendre qu'elles doivent débourser de leur argent personnel pour combler le vide du ministère de l'Éducation.

Vous êtes vraiment curieux et vous poussez l'audace de rencontrer une orthopédagogue? Bonne chance, elle se promène d'école en école tel un commis-voyageur parce qu'elle doit faire la navette dans plusieurs écoles. Si vous réussissez à la rencontrer, demandez-lui un rendez-vous pour votre enfant souffrant d'un quelconque problème, elle vous dira que vous êtes sur la liste et que dans... deux ans ce sera possible. 

Ce n'est pas tout! 

La semaine dernière, on apprenait qu'il faut maintenant suppléer au manque d'argent du ministère en vendant du chocolat pour acheter des bureaux et des chaises pour les classes.

La députée Stéphanie Vallée, ministre de la Justice et responsable de l'Outaouais: quand tous ces problèmes auront été réglés, il sera temps de parler de persévérance scolaire. Comment pouvez-vous aborder cette question en charcutant dans le monde de l'Éducation comme votre gouvernement  l'a  fait? Vous avez créé des conditions pour qu'il y ait ces décrocheurs scolaires, appelons un chat un chat.

L'auteur, Gilles Parent, est professeur au Cégep de l'Outaouais.

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