Mont-Cascades: un futur Tremblant?

Nous habitons à Cantley depuis 2001. Nous avons choisi l'endroit pour son... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Martin Roy, Archives LeDroit

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Nous habitons à Cantley depuis 2001. Nous avons choisi l'endroit pour son caractère champêtre, sa tranquillité et sa majestueuse rivière Gatineau, véritable joyau naturel. Bref, c'est un réel petit coin de paradis qui mérite d'être préservé pour les générations futures.

Or, le propriétaire du Mont-Cascades a d'autres ambitions pour Cantley. Il veut transformer le Mont-Cascades en mini Mont-Tremblant en créant un village touristique résidentiel et commercial, qui inclurait des pentes de ski additionnelles, des condos, une marina et un traversier sur la rivière Gatineau. Ce projet d'envergure aura des répercussions environnementales, économiques et sociales affectant la qualité de vie non seulement des citoyens de Cantley, mais aussi des autres municipalités de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, notamment Chelsea.

D'emblée, le conseil municipal de Cantley a pris position en faveur du projet de développement récréotouristique du Mont-Cascades. Le 13 janvier 2015, il a adopté le projet de règlement n° 220-15 visant à permettre de développement de Mont-Cascades. 

En gros, ce projet de règlement donne carte blanche au promoteur en lui donnant une utilisation inconditionnelle de l'ensemble de la zone récréotouristique de Mont-Cascades.

Le 12 janvier 2016, le conseil municipal a renouvelé son appui à l'unanimité.  

Plusieurs questions

Or, cet empressement «sans équivoque» de la part de nos élus municipaux à appuyer le projet de Mont-Cascades soulève de nombreuses interrogations.

Dans une correspondance du 12 mai 2015 adressée au préfet de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, obtenue en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le sous-ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire stipule que le projet de règlement n° 220-15 «n'est pas conforme aux orientations gouvernementales en matière de gestion de l'urbanisation».  

Il est donc pour le moins étonnant que le conseil de Cantley réitère son appui à un projet qui va à l'encontre des orientations du gouvernement.

Dans nos échanges récents, la mairesse de Cantley a maintes fois répété que le projet était encore au «stade embryonnaire». Elle a d'ailleurs admis ne pas être en mesure de répondre aux questions fondamentales concernant l'encadrement de ce projet d'envergure. Comment le conseil municipal peut-il l'appuyer sans connaître le coût des investissements requis pour les infrastructures? Sans quantifier l'impact de ces investissements sur les taxes foncières? Sans procéder à une évaluation environnementale? Et sans plans pour réglementer la pollution sonore et lumineuse et pour contrôler la hausse des véhicules nautiques motorisés sur la rivière Gatineau? 

Sans consultations

Il s'agit du plus important projet de développement depuis la construction des barrages sur la rivière Gatineau dans les années 1920. Mais le projet du Mont-Cascades n'a curieusement pas encore fait l'objet de consultations publiques. 

Il serait donc suffisamment développé pour recevoir l'appui «sans équivoque» du conseil municipal, mais trop «embryonnaire» pour faire l'objet d'une consultation auprès de la population de Cantley. 

N'est-il pas de la responsabilité de nos élus de comprendre les préoccupations des citoyens avant d'entériner un projet qui aura des répercussions irrévocables sur leur qualité de vie?  

En guise de comparaison, la municipalité de Chelsea a adopté le 1er février une résolution plus prudente et réfléchie visant à «protéger l'intégrité environnementale, naturelle et historique de la rivière Gatineau» et exigeant que le projet de développement du Mont-Cascades fasse l'objet d'une évaluation environnementale complète, prévue pour tout projet récréotouristique, résidentiel ou commercial, avant tout changement de zonage ou modification réglementaire. 

Il serait souhaitable que le conseil municipal de Cantley cesse ses positions unilatérales sur ce projet sans tenir compte des préoccupations des citoyens. Il serait désirable que le conseil défende les intérêts collectifs de la population de Cantley et non seulement les intérêts privés du promoteur du Mont-Cascades. Enfin, le conseil devrait être plus transparent sur les détails du projet.

Dans un état démocratique, l'accès à l'information est un droit fondamental et il est du devoir premier des élus de mettre cette information à la disposition des citoyens. 

Les auteurs, Danielle Lacasse et Pierre Nantel, habitent à Cantley.

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