Les villes, des lobbys? Pas en 2016

Dans le passé, les villes étaient peut-être de... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Dans le passé, les villes étaient peut-être de simples lobbys, mais en 2016 ce sont des gouvernements de proximité qui méritent d'être écoutés, affirme l'auteur.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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C'est avec étonnement que j'ai pris connaissance des conclusions du chroniqueur Gilbert Lavoie à la suite de la rencontre du caucus des maires des grandes villes de la Fédération canadienne des municipalités, la semaine dernière.

L'interprétation qu'il fait de cette rencontre («L'odeur des milliards», 9 février) est simpliste: les villes seraient des lobbys en quête des sommes promises en campagne électorale. 

Ce n'est pas du tout ça. 

Ce que nous avons manifesté comme désir, c'est tout simplement d'être assis à la table où se prendraient les décisions, d'être partie prenante du développement de nos communautés, justement, de ne plus être considérés comme des lobbys. 

Depuis 10 ans, la relation entre le gouvernement fédéral et les villes, même si elle a donné certains fruits, se limitait à une relation où nous étions relégués au rôle de quémandeur. Lors de la campagne fédérale de l'automne 2015, notre objectif principal a été de changer cette relation entre Ottawa et nous. D'ailleurs, la plupart des villes n'ont pas soumis de «listes d'épicerie» et ont plutôt demandé d'être reconnues comme des partenaires. Oui, des partenaires, parce que si l'on veut lutter contre la pauvreté, développer l'économie, lutter contre les changements climatiques, etc., les villes ont une capacité d'action sur le terrain parfois bien plus grande que les autres gouvernements. 

Face à ces enjeux, les villes ne sont pas des lobbys, elles sont des solutions.  

Message reçu

Qui est au coeur de l'action pour permettre au Canada d'accueillir 25 000 réfugiés syriens? Les villes. Ni Québec ni Ottawa n'ont de ressources sur le terrain. L'accueil se fait dans nos communautés, grâce à notre coordination locale. La dynamique est semblable dans le vaste exercice que nous devons tous entreprendre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre: si les villes ne sont pas dans le coup, on est certain de manquer le bateau. 

Et le gouvernement fédéral semble avoir compris. 

La semaine dernière, la présence en force du nouveau gouvernement à notre rencontre (six ministres, en plus du premier ministre Justin Trudeau lui-même) témoigne de la volonté de considérer les villes comme de véritables gouvernements partenaires, et non pas comme de simples administrations en attente de chèques. Ce qui était stimulant dans cette rencontre, c'était cette volonté de tenir une discussion entre des paliers de gouvernements qui connaissent leurs rôles respectifs et leurs limites, et qui sont bien conscients de la nécessité d'agir de façon complémentaire et cohérente. 

Les maires des 21 grandes villes canadiennes ont des mandats confiés par leurs électeurs, ils rendent des comptes publiquement, ils veulent protéger l'environnement, développer l'économie, lutter contre la pauvreté.

Dans le passé, les villes étaient peut-être de simples lobbys, mais en 2016 ce sont des gouvernements de proximité qui méritent d'être écoutés.

L'auteur, Maxime Pedneaud-Jobin, est maire de Gatineau.

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