Trop peu de femmes dans la construction

La faible présence des femmes dans la construction... (Archives, Le Soleil)

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La faible présence des femmes dans la construction est un enjeu bien réel et l'industrie peut certainement faire mieux.

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Le marché de l'emploi a grandement évolué au cours des 50 dernières années. Des milieux qui étaient auparavant la chasse gardée des hommes accueillent désormais beaucoup de femmes. Il n'est en effet plus rare de nos jours de voir des femmes médecins, mécaniciennes ou conductrices de camions. Et vice-versa. Des milieux de travail plus féminins ont aussi ouvert leurs portes aux hommes, que ce soit les métiers d'infirmier ou d'intervenant jeunesse, par exemple. Tant mieux!

Malheureusement, à ce sujet, l'industrie de la construction est en retard. 

Selon les données les plus récentes, le milieu de la construction au Québec compte à peine un peu plus de 2000 femmes sur une main-d'oeuvre totale de 161 000 travailleurs, soit seulement 1,38 %. La faible présence des femmes est donc un enjeu bien réel et l'industrie peut certainement faire mieux. Il est temps d'agir!

Bien entendu, la Commission de la construction du Québec (CCQ) est préoccupée par cette situation. En mars dernier, la CCQ lançait le nouveau Programme d'accès à l'égalité des femmes dans l'industrie de la construction 2015-2024 afin de favoriser l'arrivée de femmes sur les chantiers de construction. L'objectif à court terme est d'atteindre au moins 3 % de femmes dans l'industrie d'ici 2018, soit d'en doubler le nombre d'ici deux ans. 

Favorable

L'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) est favorable à la mise en place de moyens incitatifs qui permettront d'atteindre cet objectif. Parce que oui, parfois, pour qu'une situation change, il faut encourager la transformation et ne pas attendre que cela se fasse comme par magie. Pour ce faire, nous travaillons avec Diane Lemieux de la CCQ, qui peut compter sur notre pleine collaboration. Pour ce qui est des moyens qui seront retenus, il importe qu'ils soient à la fois efficaces et pragmatiques. L'implication du ministère québécois de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur est également nécessaire, notamment pour promouvoir les métiers de la construction auprès des femmes afin de favoriser une plus grande inscription de celles-ci.

L'APCHQ est déjà en mode actif. Nous donnons notamment une formation aux entrepreneurs sur la gestion d'équipes mixtes afin qu'ils soient mieux outillés face à cette nouvelle réalité. Plusieurs entrepreneurs qui ont des femmes au sein de leur équipe nous disent qu'elles font une réelle différence tant sur les relations de travail (plus de respect) que sur l'accomplissement des travaux. Ces témoignages sont littéralement empreints de succès et nous devons mieux les faire connaître!

Soulignons finalement que nous voyons d'un bon oeil l'arrivée d'une femme comme ministre du Travail. La nomination de Dominique Vien à ce poste doit certainement être vue comme une opportunité de faire avancer les choses. 

Nous sommes en 2016. Les efforts sont nombreux de la part de l'industrie et de ses représentants pour que les femmes aient leur juste place, mais admettons qu'il est possible de faire mieux. 

L'auteur, François-William Simard, est directeur des communications à l'association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec

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