De l'espoir pour l'espèce humaine

Il y a à peine 75 ans, le monde... (Norris G. McElroy, Archives AFP)

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Il y a à peine 75 ans, le monde était déchiré par la guerre. Le Japon et l'Allemagne semaient la terreur.

Norris G. McElroy, Archives AFP

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L'évolution de l'espèce humaine a commencé il y a environ 6 500 000 ans, avec l'apparition des premiers hominidés, soit près de 59 000 000 d'années après la disparition des dinosaures.

Il a fallu ensuite environ 6 400 000 ans pour qu'apparaisse l'Homo sapiens, lequel a atteint, il y a environ 50 000 ans, le niveau d'intelligence qui lui a donné la pensée symbolique, ou abstraite, et un langage articulé lui permettant de fabriquer à volonté des phrases complexes. 

Quant à l'écriture, qui est à l'origine des grandes civilisations, elle n'a été inventée qu'il y a environ 7000 ans.

Enfin, le monde industriel, technologique et scientifique ne connaît son véritable essor que depuis moins de deux siècles.

Tout ça pour dire que l'évolution de l'espèce humaine n'en est encore qu'à ses débuts, alors que se côtoient tous les extrêmes de comportements, allant de la plus épouvantable barbarie aux plus grands élans de générosité, de l'ignorance la plus crasse aux avancées scientifiques les plus époustouflantes.

De notre récent passé animal on a conservé les instincts de territorialité, de domination, de défense et d'attaque, sauf que les motifs et les moyens techniques de les assouvir sont devenus infiniment plus meurtriers.

Avec sa nouvelle intelligence, l'humain a commencé à chercher des explications aux phénomènes naturels et les a vite considérés comme des manifestations de forces conscientes qu'il fallait apaiser, ce qui a donné naissance aux dieux et éventuellement aux religions.

Les superstitions ont pris une place énorme dans les sociétés primitives et sont encore bien présentes dans les motifs expliquant les actes insensés dont nous sommes témoins.

Ce que les animaux faisaient pour se nourrir, pour assurer leur survie, les humains le font souvent gratuitement, par cruauté, fanatisme ou par goût du lucre, de la domination.

On ne tue plus seulement pour manger, on tue pour asservir, pour imposer sa vision du monde.

Que nous réserve l'avenir? C'est en se tournant vers le passé qu'on peut trouver une lueur d'espoir.

Le 20e siècle a connu les deux plus grands cataclysmes non naturels de l'histoire de l'humanité. Les guerres mondiales ont fait à elles seules environ 80 000 000 morts.

Malgré tous les conflits que nous connaissons aujourd'hui, il est peu probable que de telles catastrophes se répètent, ne serait-ce qu'à cause de l'équilibre de la terreur, sans lequel il y aurait eu à coup sûr une troisième guerre mondiale.

Il y a à peine 75 ans, le Japon et l'Allemagne semaient la terreur; les camps de concentration nazis éliminaient 6 000 000 êtres humains.

Personne ne peut imaginer de telles horreurs se répéter aujourd'hui.

Au Moyen-Orient, les dictateurs tombent un à un, ce qui provoque tous les gâchis qu'on connaît.

Il faudra sans doute du temps pour tout rapiécer, mais la situation ne pourra durer éternellement.

Éventuellement, grâce aux progrès en éducation, à la mondialisation (malgré ses défauts), à l'ouverture des frontières, au besoin fondamental de stabilité, seule garante de la survie d'un peuple, les choses vont sûrement finir par s'arranger. 

De fait, le plus grand danger qui guette l'humanité, c'est la destruction de son environnement.

Mais là encore, les humains ont toujours su réagir lorsqu'ils se trouvaient au bord du précipice. Et nous y sommes.

L'auteur, Pierre Calvé, est linguiste et professeur retraité de l'Université d'Ottawa.

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