Les lunettes roses des députés de l'Outaouais

La ministre Stéphanie Vallée est optimiste quant aux progrès en santé en... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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La ministre Stéphanie Vallée est optimiste quant aux progrès en santé en Outaouais.

Elle soutient que le projet de faculté satellite de médecine chemine très bien et que les 20 millions $ octroyés annuellement à la région, en vertu de son statut particulier en santé, avaient fait une différence pour améliorer les services.

La ministre et les autres députés de la région reprennent régulièrement le même discours. La réalité est tout autre. Annoncée en 2014, la faculté satellite devait être mise en place en 2016. Et le projet chemine bien? Pourquoi ne donne-t-elle pas un échéancier précis? Elle parle d'une mise en place en 2017, trois ans après l'annonce du projet.

Pendant ce temps, la région peine à pourvoir une centaine de postes d'omnipraticiens, une soixantaine de spécialistes, et plusieurs centaines d'infirmières. La Mauricie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, moins populeuses que l'Outaouais, ont chacune leur faculté satellite depuis une dizaine d'années et la pénurie de médecins y a été résorbée. Comme c'est un engagement du PLQ pour l'élection de 2014, les élus semblent bien timides pour défendre la région.

Lorsque Mme Vallée parle d'une amélioration des services grâce au statut particulier, elle met ses lunettes roses. Cette enveloppe devait avant tout servir à attirer et retenir du personnel, alors que les autres régions ont recours au financement régulier, pour mettre en place des services opérationnels équivalents? Et les services sont encore nettement déficients. L'Outaouais a toujours l'un des pires scores au Québec. La population doit se fier aux services offerts en Ontario en nombre grandissant. En 2007, le ministre de la Santé et des Services sociaux d'alors, Philippe Couillard annonçait son intention de rapatrier la clientèle. Le coût pour ces services s'établissait à 60 millions $ en 2005-2006. L'an dernier, il s'élevait à 111 millions $. Le ministre Gaétan Barrette a dit qu'il voulait rapatrier une bonne partie de ces services en Outaouais: on recycle les mêmes promesses.

Pourquoi Québec tarde-t-il tant à mettre en place un centre des naissances moderne à l'hôpital de Gatineau? Cette mesure au coût modeste (14 millions $) permettrait de rapatrier 800 des 1200 accouchements pratiqués en Ontario. Le projet doit être complété en 2018. Il faut un échéancier précis. Le report de projets fait trop souvent partie de la façon d'agir des gouvernements face à l'Outaouais, avec l'acceptation de nos élus. La région a besoin d'un plan directeur axé sur des investissements majeurs en santé et non de promesses répétitives traduisant une indifférence des gouvernements.

Québec doit cesser de couper uniformément à travers la province. Cela pénalise davantage les régions sous-financées. Il y accentue les retards en infrastructures et en services. Cette année et l'an prochain, le CISSSO doit faire des compressions d'environ 60 millions $. On change les administrateurs, mais le problème persiste. Contrairement à ce que pense le ministre Gaétan Barrette, ce n'est pas un problème de culture du déficit, mais un problème d'octroi de ressources humaines, d'équipements et d'infrastructures suffisantes. Le commissaire à la santé et au bien-être confirme d'ailleurs avec éloquence cet état de fait.

L'Outaouais ne demande qu'à être traitée sur le même pied que le reste du Québec. Il s'agit d'un principe fondamental d'équité. L'indifférence des gouvernements successifs doit cesser. Il revient en premier lieu à nos députés de faire entendre la voix de l'Outaouais à Québec et obtenir des résultats probants.

L'auteur, Gilbert Langelier, est président sortant de Santé Outaouais 2020.

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