Radio-Canada... ou Radio-Québec?

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Comme téléspectateur, c'est à RDI que je suis le plus fidèle puisque je m'intéresse surtout à l'actualité. J'aime regarder une émission d'analyse, surtout durant les campagnes électorales fédérales. C'est à peu près uniquement durant ces périodes que RDI invite un Franco-Canadien à participer à son émission Les Ex (anciennement Le Club des Ex). Donc une fois à tous les quatre ans. Autrement, ce sont trois analystes québécois qui commentent l'actualité.

Ce n'est guère mieux à l'émission 24/60. Il n'est jamais question de dossiers politiques qui touchent l'Ontario, l'Acadie ou l'Ouest canadien. Le récent jugement de la Cour suprême sur le bilinguisme en Alberta a été passé sous silence. Et lorsqu'Anne-Marie Dussault a interviewé Bernard Pivot, elle a mentionné l'Acadienne Antonine Maillet comme écrivain québécois!

Les Ex et 24/60 sont pourtant des émissions nationales. Lorsque je porte plainte auprès de l'ombudsman de Radio-Canada, je mentionne toujours que j'ai l'impression de regarder Radio-Québec. Dans sa réponse, la société d'État justifie le choix des producteurs en alléguant que le public de ces émissions est «essentiellement québécois». 

C'est l'éternel problème de l'oeuf ou de la poule: comme vous n'écoutez pas RDI, on ne parle pas de vous. Ou serait-ce plutôt l'inverse? Comme RDI ne parle pas de nous, pourquoi écouterions-nous RDI?

Je connais plusieurs francophones en Ontario qui ne regardent pas Le Téléjournal animé par Céline Galipeau ou Pascale Nadeau parce qu'ils veulent des nouvelles de Toronto ou de Windsor, pas uniquement des actualités montréalaises ou québécoises. Ils ont bien raison. Je suis capable de nommer plus de ministres québécois que de ministres ontariens.

Radio-Canada rétorque qu'il y a le Téléjournal Ontario et Le National qui font écho aux nouvelles régionales. Je ne le dispute pas, mais je dois souligner que ces émissions passent à l'heure du souper et n'ont donc pas la cote d'écoute du Téléjournal en fin de soirée.

J'ai l'impression que les sujets ou les thèmes des émissions Les Ex et 24/60 sont choisis en parcourant les nouvelles du Devoir et de La Presse. Ce que le Globe and Mail et LeDroit écrivent ne pèse guère dans la balance. Évidemment, Michel Viens, Yolande James, Hélène Daneault, Rémy Trudel, Anne-Marie Dussault et Sébastien Bovet sont plus à l'aise dans le jardin québécois que dans l'arène canadienne. À mon avis, Les Ex et 24/60 devraient traiter d'un sujet non québécois au moins une fois par mois. Bien entendu, cela exigerait un changement dans le choix des invités.

La création de la nouvelle chaîne UNIS TV découle en partie du peu de couverture de la réalité franco-canadienne sur les ondes de notre société d'État. À titre d'exemple, l'émission Couleurs locales cherche un peu à combler cette lacune, mais elle ne passe qu'une fois par semaine (avec reprises durant l'été). De par sa nature, UNIS TV ne diffuse pas des bulletins de nouvelles. TFO non plus. Seule la Société Radio-Canada a l'infrastructure nécessaire pour couvrir l'actualité d'un océan à l'autre, mais son rayonnement s'étend le plus souvent de l'Outaouais aux Îles de la Madeleine.

Peut-être que la nouvelle ministre du Patrimoine canadien va réajuster le tir de la société d'État...

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est un écrivain basé  à Toronto.

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