Printemps érable à l'UQO: les blessures sont encore bien vives

Lors de sa campagne pour devenir recteur de l'Université du Québec en... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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Lors de sa campagne pour devenir recteur de l'Université du Québec en Outaouais, Denis Harrisson avait laissé entendre qu'il souhaitait, à la suite des événements de 2012, mettre sur pied un processus inspiré des commissions de «vérité et réconciliation».

D'aucuns pourraient croire que la sentence qui vient de tomber d'un tribunal du travail exempterait le nouveau recteur de cette obligation.

Rien n'est plus faux!

Pour avoir assisté à tous les témoignages de mes collègues et des membres de la direction de l'UQO pendant les séances d'arbitrage (sauf celles tenues à huis clos), je peux assurer que les blessures sont encore vives pour les professeurs, mais aussi pour le personnel de soutien et pour les étudiants ou ex-étudiants. Toutes les vérités n'ont pas été dites et les réconciliations sont bien loin d'être scellées.

Le Syndicat des professeurs de l'UQO a eu gain de cause sur plusieurs aspects touchant la crise de 2012, mais qui osera entendre et recevoir ce qui a été vécu (qui n'était pas recevable devant un tribunal du travail) par les autres professeurs?

Qui osera entendre les étudiants et le personnel de soutien, qui eux, n'ont aucune instance vers qui se tourner? Qui aura le courage de reconnaître les blessures physiques et psychologiques causées par la gestion autoritaire de cette crise?

On l'a vu ailleurs, une simple reconnaissance des faits et des sentiments vécus constitue une étape cruciale vers la réconciliation.

Dans son jugement, Me Francine Lamy soutient que l'UQO, dans le feu de l'action, n'avait pas eu le luxe de réfléchir. Soit! L'UQO a maintenant le temps de réfléchir et elle n'a pas le luxe de l'éviter.

Et malgré tout cela, un dommage profond persistera... la peur de la police (Me Lamy impute d'ailleurs une part de responsabilité au SPVG dans ces événements)!

Pendant la grève étudiante de 2012, j'ai été le témoin privilégié des stratégies policières: intimidation, agressivité, mépris envers les étudiants, les professeurs et les citoyens. Personnellement, la peur de la police m'habite encore, quatre ans après les événements... un bien triste héritage laissé par la direction de l'UQO et le Service de police de la Ville de Gatineau!

L'auteure, Francine Sinclair, est professeure honoraire à l'Université du Québec en Outaouais.

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