Aux arbres, citoyens!

Comme contributeurs et comme citoyens d'une seule et... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Comme contributeurs et comme citoyens d'une seule et unique planète, nous sommes en droit d'exiger des solutions le plus rapidement possible.

Martin Roy, Archives LeDroit

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L'année 2015 a été marquée par plusieurs grands changements, comme l'arrivée sur la scène fédérale d'un gouvernement qui comprend (enfin) les enjeux environnementaux, l'adhésion de plusieurs provinces à un système de plafonnement et d'échange de crédits de carbone et, bien entendu, de la signature de l'entente historique de Paris.

Ce sommet à Paris nous a permis de prendre conscience collectivement de la fragilité de notre planète et de statuer sur la nécessité de passer à l'action. L'entente donne aux acteurs de la société civile le devoir de rappeler à nos élus leur engagement face aux prochaines générations. Ces actions devront être prises en charge par tous les acteurs, tant publics que privés.

Bien sûr, plusieurs choses devront changer dans nos habitudes de vie mais, à terme, notre qualité de vie n'en sera qu'améliorée.

L'émergence de la bourse du carbone dans notre économie concrétise l'idée du pollueur-payeur et met aussi un prix sur la pollution. Lorsque l'on pense à un «gros pollueur sans scrupule», le commun des mortels a tendance à se référer aux grandes entreprises. La réalité n'est pas si simple.

Au Québec, le secteur des transports, qui totalise 44% des émissions, est le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre. Que trouvons-nous derrière cette statistique? Nous tous, seuls dans notre voiture matin et soir, jour après jour. Cette affirmation n'a pas pour début de faire culpabiliser, mais de faire réaliser que, si vous mettez de l'essence dans leur voiture, vous contribuez au Fonds vert du gouvernement du Québec. En effet, puisque les pétrolières sont contraintes de contribuer à ce fonds, elles refilent la facture aux automobilistes, ce qui a fait augmenter le prix à la pompe de 0,02$ au début de l'année 2015. De plus, nous pouvons nous attendre à ce que ce montant augmente au fil des ans, au fur et à mesure que les distributeurs d'essence devront acheter de nouveaux droits d'émission.

Certains analystes économiques évoquent l'idée que le marché du carbone entraînera une augmentation supplémentaire de 0,10$ le litre d'ici 2020. En Outaouais, la consommation d'essence s'élève à près de 250 millions de litres par an, selon les données de 2010. À 0,10$ le litre, ce sont 25 millions $ que la population déboursera annuellement pour contribuer au Fonds vert. Ne pourrions-nous pas investir ce montant dans le transport en commun? À ce montant, s'ajoute la promesse du gouvernement fédéral d'investir 150 milliards $ dans les infrastructures telles que le transport en commun.

Ces montants sont des coûts que nous devons assumer collectivement; ne devrions-nous pas exiger la finition du projet de Rapibus vers l'est jusqu'au boulevard Lorrain? Pourrions-nous rêver de la création d'un système de train léger vers l'ouest en lien avec le service de train léger du côté d'Ottawa et ça, dans un délai raisonnable?

L'avenir nous réserve, espérons-le, plusieurs nouvelles options pour diminuer notre empreinte carbone. Comme contributeurs et comme citoyens d'une seule et unique planète, nous sommes en droit d'exiger des solutions le plus rapidement possible pour sortir de notre dépendance à la voiture.

Vous avez un rôle à jouer.

Aux arbres, citoyens.

Maintenant, nous devons passer à l'action.

L'auteur, Benoit Delage, est directeur du Conseil régional en environnement et développement durable de l'Outaouais (CREDDO).

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