La qualité a un prix

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Chaque année, plusieurs se demandent ce qui se passera avec les prix alimentaires. Autant l'année 2014 fut témoin de hausses importantes du prix de la viande, 2015 fut marquée par celles des fruits et légumes. L'inflation alimentaire au Canada cette année a encore dépassé le 4%. Autrement dit, une famille moyenne débourse environ 320$ de plus pour la même nourriture qu'il y a un an.

Pour 2016, selon le Food Institute de l'Université de Guelph, ce sera environ 345$ de plus pour la même nourriture. Mauvaise nouvelle pour certains, mais des prix plus élevés permettront à l'industrie de s'adapter à une demande archicomplexe.

Après quelques années difficiles, la grande distribution a connu une très bonne année 2015. Plusieurs entreprises telles que Loblaw-Provigo, Sobeys-IGA et Métro ont su utiliser les effets de l'inflation alimentaire à leur avantage. L'industrie a accru ses profits cette année.

L'année 2015 fut déterminante pour la renaissance de l'achat en ligne. Plusieurs projets pilotes sont en cours et les résultats semblent encourageants. Ce marché représente à peine 1% du 120 milliards $ de produits alimentaires vendus chaque année. C'est très peu si l'on compare le Canada à l'Europe, où l'achat alimentaire en ligne dépasse 2,5% des ventes. Le ratio d'achat en ligne est aussi plus élevé en Chine, en Corée, en Australie et au Japon. D'ici 2018, certains estiment qu'il triplera au Canada.

Pour 2016, la culture biologique continue d'être l'un des segments de produits spécialisés les plus considérables. Les ventes de sans-gluten ont augmenté de plus de 600% en 5 ans, mais commencent à battre de l'aile.

Les quatre tendances qui marqueront encore plus en 2016 sont la santé, les produits locaux, le bien-être animal et la transparence.

Les aliments santé sont plus recherchés et les entreprises développent davantage des produits de qualité. C'est l'ère de l'alimentation qui protège l'organisme.

La population vieillit et recherche des produits qui assurent une alimentation saine ayant une valeur nutritive plus élevée. De surcroît, les consommateurs qui mangent de plus en plus à la hâte, recherchent des produits santé et de bonne qualité.

Les produits locaux sont de plus en plus à la mode, sauf au Québec, où ils font partie d'un mode de vie depuis longtemps.

Les marchés publics au Canada ont connu une autre année record puisque les consommateurs sont heureux d'acheter des produits dont les impacts environnementaux sont souvent amoindris. Le bien-être animal devient un enjeu important. En 2015, des entreprises comme McDonald et Subway ont pris des mesures sans précédent à l'égard du traitement éthique animal, tel que l'adoption d'une politique d'achat de poulet sans antibiotique. À long terme, cette tendance poussera les prix à la hausse, mais ces décisions s'arriment avec les volontés des consommateurs.

Finalement, la provenance des aliments et la transparence deviennent aussi des enjeux considérables. Les fraudes alimentaires ont fait les manchettes en 2015 lorsque certains employés avouaient avoir effectué de la surtransformation en magasin sans changer les dates de péremption. L'Europe a eu son scandale de viande chevaline en 2013. Il est peu probable que ce genre d'incident se produise en Amérique du Nord, mais les distributeurs deviendront plus vigilants.

Toutes ces tendances poussent les prix à la hausse, c'est bien certain. Mais la qualité et les services alimentaires ont été rehaussés.

L'auteur, Sylvain Charlebois, est professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université de Guelph.

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