La COP21 et l'Afrique

François Hollande... (Archives, Agence France-Presse)

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François Hollande

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Le président François Hollande a annoncé en marge de la conférence de l'ONU sur le climat (COP 21), que la France consacrerait 2 milliards d'euros d'ici à 2020 au développement des énergies renouvelables en Afrique.

Déjà dans les années 1960, l'agronome tiers-mondiste René Dumont recommandait aux États africains de baser leur développement sur les énergies renouvelables. Mais jusqu'ici leur utilisation se limite à des projets pilotes, ponctuels et épars. La priorité est plutôt donnée à la politique «des grands travaux» de technologies de pointe.

Après 50 ans d'aide au développement, l'Afrique a encore le plus faible indice de développement humain. Le bilan des Objectifs du développement du Millénaire confirme que la pauvreté est en baisse partout, sauf en Afrique subsaharienne. Les populations africaines sont aux prises avec de graves de problèmes de santé, d'assainissement, d'habitat, d'éducation, etc. Leurs conditions de travail sont pénibles. Les ressources énergétiques et techniques d'usage pour l'exploitation, l'approvisionnement en eau, la transformation des produits agricoles et forestiers, demeurent rudimentaires et archaïques en ce xxie siècle. Les combustibles ligneux, les résidus agricoles, l'énergie humaine et la traction animale représentent les principales énergies des zones rurales. Le bois de chauffage et le charbon représentent plus de 90% la consommation d'énergie des ménages. Tous ces procédés causent la dégradation des forestières, l'érosion des sols et la désertification.

Un grand potentiel

Or l'Afrique dispose d'un énorme potentiel. De nombreux pays bénéficient d'un ensoleillement annuel moyen de 3000 heures par année. L'Afrique centrale et de l'Ouest abritent 13% du potentiel mondial d'hydro-électricité. Cela représente près de 1700 TWh exploitables. Mais on n'en exploite 7% seulement. Selon la Banque africaine de développement, 20% du gisement éolien mondial se trouve en Afrique. Le potentiel de la biomasse est abondant, mais est en régression à cause des feux de brousses, la sécheresse et la désertification.

L'Afrique, qui connaît de plus en plus de sécheresses et d'inondations, est une grande victime de la crise climatique. En exploitant ses richesses naturelles en énergies renouvelables, elle peut améliorer les conditions de vie des populations tout en luttant contre le réchauffement climatique. Pour cela, les États africains doivent dépasser le stade d'expériences pilotes ici et là. Cela demande des fonds pour la recherche en renforçant les capacités des universités et des centres de recherches qui souffrent en général du sous-financement. Une partie des fonds peut provenir de la réduction des budgets exorbitants des armées africaines qui sont en général prétoriennes. De plus, il faut veiller à ce que les milliards des bailleurs de fonds ne soient détournés par ce qu'on peut appeler «l'aidocratie», c'est-à-dire cette classe africaine qui vit de l'aide depuis plus d'un demi-siècle.

L'auteur, Yao Assogba, est professeur émérite de l'Université du Québec en Outaouais.

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