La dette carbone du Canada

Au centre des négociations du COP21 qui se déroulent à Paris, il est question... (Eric Feferberg, Archives AFP)

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Eric Feferberg, Archives AFP

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Au centre des négociations du COP21 qui se déroulent à Paris, il est question de diminuer notre empreinte carbone collectivement. La prise de conscience sur l'impact de notre bar ouvert d'énergie fossile a pris beaucoup de temps avant de prendre racine et notre dette carbone est maintenant sur le point d'être hors de contrôle.

Il y a deux façons de voir cet endettement. La première est géographique: les pays industrialisés ont consommé d'une façon démesurée les ressources naturelles du globe pour assurer leur croissance. Ce faisant, ils ont un taux incroyable de production de carbone par habitant: un Canadien produit 60 fois plus de CO2 qu'un Haïtien. Comble du malheur, ce sont Haïti et les pays du sud qui subissent le plus les conséquences des modifications du climat.

De leur côté, les pays en développement aspirent au même mode de vie que les pays développés. C'est pourquoi nous devons nous assurer que leur économie puisse connaître une transition vers une économie à faibles émissions de carbone en même temps que la nôtre.

Le gouvernement Trudeau a ainsi annoncé que le Canada consacrera 2,65 milliards $ d'ici cinq ans pour les aider à lutter contre les changements climatiques. Le geste n'est pas de la charité, c'est le remboursement d'une dette envers des nations victimes d'une injustice climatique.

Depuis longtemps, les scientifiques nous préviennent des risques de notre obésité carbonique pour la santé de la terre, mais soit par méconnaissance ou pire, par mauvaise foi, nous avons préféré fermer les yeux.

Au chapitre de la mauvaise foi, le vent est sur le point de tourner pour les compagnies pétrolières. De fait, la justice américaine et une certaine classe de politiciens s'intéressent à Exxon Mobil pour avoir masqué les conclusions de leurs chercheurs sur les risques des changements climatiques et pour le financement des groupes de climato-sceptiques. Comme pour les compagnies de cigarettes, les géants du pétrole risquent une série de longs procès qui leur coûteront des milliards.

Telle une banque qui, en toute connaissance de cause, offre à un acheteur compulsif une carte de crédit sans limites de crédit, nous nous sommes fait offrir par les producteurs d'énergie fossile et certains gouvernements de fausses promesses sur une croissance éternelle basée sur les ressources naturelles. Là, la limite de crédit est atteinte.

L'auteur, Benoit Delage, est directeur du Conseil régional en environnement et développement durable de l'Outaouais (CREDDO).

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