La division de l'Islam et le défi de l'accueil

Sur la photo, des chasseurs français reviennent au... (Anne-Christine Poujoulat, Archives AFP)

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Sur la photo, des chasseurs français reviennent au porte-avions Charles-de-Gaulle après une sortie contre le groupe État islamique.

Anne-Christine Poujoulat, Archives AFP

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L'État islamique a déclaré la guerre à l'Occident. Il ne faudrait cependant surtout pas confondre: nous ne sommes pas en guerre contre les musulmans en général, mais uniquement contre cette petite frange qui ne regarde dans le Coran que ses versets les plus violents.

Le Coran comporte des versets contradictoires, correspondant essentiellement aux deux périodes de «révélations» de Mahomet, celles de la Mecque et celles de Médine. Les premières sont généreuses, proches des idées chrétiennes, les autres sont violentes.

Chez les musulmans, il n'y a pas d'autorité suprême qui peut orienter les fidèles, comme les catholiques ont le pape, et les musulmans ne peuvent pas changer leurs textes sacrés. Dès lors, ces contradictions ont donné lieu au fil des années à de multiples interprétations du Coran, des plus modérées aux plus rigoristes. Ainsi, le monde musulman est déchiré entre les interprétations modérées et une application rigoureuse des versets violents, comme le salafisme.

Heureusement, la très grande majorité des musulmans ont adopté la tradition modérée. Cela dérange d'ailleurs des pays musulmans intégristes comme l'Arabie saoudite qui, dans une démarche conquérante, financent chez nous des mosquées radicales. Et cela fonctionne! On n'a plus seulement affaire à un islamisme importé, mais à une radicalisation des populations locales. Plusieurs des terroristes de Paris étaient nés en France ou en Belgique.

Il est regrettable qu'on accepte chez nous des mosquées salafistes et que les imams modérés se contentent de dire que l'islam est une religion de paix plutôt que de proclamer haut et fort que les versets violents du Coran sont obsolètes et que les musulmans devraient s'intégrer dans les sociétés qui les ont accueillis. D'ailleurs, la plupart des immigrants ne demandent qu'à s'intégrer. Les encourager à ne pas le faire, c'est garantir (à eux comme à nous) un avenir problématique.

Notre identité canadienne s'est forgée sur le principe de l'intégration et de la diversité dans l'unité. Il ne faut surtout pas se replier sur nous-mêmes et avoir peur de l'autre, mais il serait tout aussi nuisible de faire preuve d'angélisme. Le «peace and love» n'est pas de mise en temps de guerre. Il ne ferait que favoriser la montée d'un anti-islamisme, comme on le voit avec l'extrême droite en Europe, car les gens en ont assez des accommodements déraisonnables. Il faut que notre population ne se divise pas sur des sujets aussi dangereux. Avec la crise des migrants, nos dirigeants sont devant un énorme défi: trouver un subtil équilibre entre protection de la population et respect des libertés individuelles.

L'auteur, Roland Madou, habite à Ottawa.

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