Un virage vert est 100% possible

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La Conférence de Paris sur le climat s'ouvre le 30 novembre, dans le sillage des terribles attentats du 13 novembre.

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La Conférence de Paris sur le climat s'ouvre le 30 novembre, dans le sillage des terribles attentats du 13 novembre. Malgré la terreur, la France sera l'hôte d'une conférence où 195 pays membres se rencontreront dans un élan de solidarité qui souligne l'importance de la crise climatique.

Les attentes sont grandes pour ce qui sera une étape importante dans la lutte aux changements climatiques. Mais l'espoir est plus grand que jamais, particulièrement ici, au Canada, alors que le nouveau gouvernement annonce que le pays se remettra en mouvement sur le dossier climatique.

La transition énergétique hors des combustibles fossiles et vers les énergies renouvelables se répand rapidement à travers le monde et le Canada n'y échappe pas. Dans le monde, les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé ceux dans le pétrole, le charbon et le gaz chaque année depuis 2010. Depuis 2013, les nouvelles capacités de production d'électricité de sources renouvelables ont dépassé celles de sources fossiles et l'écart s'accentue. Au Canada, il y a désormais plus d'emplois dans le secteur des énergies vertes que dans les sables bitumineux. L'énergie solaire et l'éolien sont déjà - ou sur le point de l'être - plus compétitifs que les hydrocarbures et des seuils technologiques seront atteints pour les piles, le stockage d'énergie et les transports électriques, qui révolutionneront totalement notre modèle énergétique d'ici 15 ans.

Les priorités

C'est dans ce contexte que le Canada doit déterminer ses priorités pour les prochaines décennies. Alors que l'agenda énergétique du pays a été dicté par l'industrie pétrolière depuis des décennies, celle-ci est aujourd'hui en perte de vitesse, alors que les énergies renouvelables sont en forte croissance. Le Canada est à un point tournant. Il doit dès maintenant diversifier son économie et créer des emplois dans la nouvelle économie verte et à faible intensité de carbone.

Le Canada devra pouvoir compter sur le leadership de provinces comme la Colombie-Britannique, le Québec, l'Ontario et l'Alberta, qui ont pris les devants en établissant un prix sur le carbone. La tarification du carbone doit maintenant s'étendre à l'ensemble du pays et un prix plancher suffisamment élevé doit être instauré.

Le Canada doit également se donner une cible ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2025, accompagnée d'un plan robuste pour l'atteindre. Ce plan doit inclure l'élimination des subventions à l'industrie des combustibles fossiles et leur redéploiement vers les énergies renouvelables, les technologies propres et les transports plus écologiques, à commencer par les transports collectifs. Ce plan doit aussi arrêter la croissance des sables bitumineux et prévoir leur inévitable déclin. Il doit également remettre en question et rejeter des infrastructures comme l'oléoduc Énergie Est, dont la durée de vie prévue est incompatible avec l'élimination complète des émissions de GES d'ici 2050.

En transition

La transition énergétique doit être juste et équitable pour tous.

Les travailleurs de l'industrie pétrolière devront être soutenus dans cette transition. De nouveaux emplois verts devront être créés d'un bout à l'autre du pays. Les communautés autochtones ont vu leurs territoires dévastés par l'industrie des sables bitumineux. Ces territoires devront rapidement être remis en état. Soixante-dix des plus éminents scientifiques du Canada ont démontré dans les Dialogues pour un Canada Vert que l'ensemble de la production d'électricité au pays peut être de source renouvelable d'ici 20 ans. Il faut y travailler dès maintenant.

Un Canada dont l'énergie est tirée à 100% de sources renouvelables est 100% possible d'ici 2050. 

Nous marcherons, le 29 novembre à Ottawa, pour signifier au gouvernement Trudeau que des millions de citoyens sont derrière lui s'il s'engage résolument dans le plus important chantier économique de ce siècle. 

La table est mise. Nous avons les technologies, les capitaux, le talent et l'espoir. Il ne manque que la volonté et la détermination politiques, qui, nous l'espérons, deviendront nos plus importantes ressources renouvelables. 

Ce texte est signé par Karel Mayrand (Fondation David Suzuki), Steven Guilbeault (Équiterre), Patrick Bonin (Greenpeace), Christian Simard (Nature Québec) et Sidney Ribaux (Équiterre).

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