Une approche globale contre l'arthrite

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À la faveur du mois de sensibilisation à l'arthrite, il est plus que temps de diriger les projecteurs sur la nécessité de revoir notre approche de la gestion de l'une des maladies chroniques les plus sérieuses: l'arthrite inflammatoire.

Méconnue du public, cette maladie touche environ 2% de la population, qui souffre d'une forme ou d'une autre d'arthrite inflammatoire, les plus courantes étant la polyarthrite rhumatoïde, la spondylite ankylosante et l'arthrite psoriasique. Elle peut avoir des effets irréversibles si elle n'est pas traitée dès le début et avoir un impact majeur sur la qualité de vie des patients, allant même jusqu'à l'invalidité permanente, sans parler de la pression que ses effets exercent sur notre système de santé.

Selon une étude de la Société de l'arthrite menée auprès de plus de 1000 Canadiens souffrant d'arthrite, 41% ont indiqué avoir de la difficulté à gérer les symptômes et les exigences en lien avec leur emploi et 36% des travailleurs atteints d'arthrite inflammatoire ont affirmé s'inquiéter de leur capacité à gagner leur vie en raison de leur maladie.

De plus, les symptômes de l'arthrite inflammatoire étant souvent confondus avec les douleurs d'origine mécanique (tel que l'arthrose), les personnes qui en souffrent n'obtiennent pas toujours le traitement dont elles auraient besoin. C'est le cas notamment des personnes qui souffrent de spondylite ankylosante mais qui croient à tort qu'elles ne souffrent que d'un mal de dos sans conséquence. Pourtant, si une personne a de maux de dos presque tous les jours pendant plus de trois mois, elle devrait consulter un médecin rapidement.

Même si elle ne peut être guérie, l'arthrite peut être contrôlée avec un traitement approprié.

La prise en charge intégrée des patients qui en sont atteints revêt une indéniable pertinence, prise en charge qui pourrait être l'objet d'une approche globale de gestion mettant à profit les divers intervenants du système de santé, particulièrement pour dans le traitement de l'arthrite inflammatoire.

En effet, dans ce traitement, les professionnels de la santé doivent davantage être mis à contribution afin d'offrir une réponse globale et efficace et assurer un suivi adéquat. Infirmières, rhumatologues, physiothérapeutes, ergothérapeutes, pharmaciens et nutritionnistes doivent travailler main dans la main pour éviter que l'état de santé de nos patients ne se détériore et que leur qualité de vie ne soit trop affectée.

Si des initiatives efficaces ont été mises en place avec succès pour offrir des soins et services intégrés aux personnes atteintes de certaines maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou le cancer, cinq ans après la publication de ces conclusions, beaucoup d'efforts restent à faire dans le traitement de l'arthrite inflammatoire.

Dans un contexte où le système de santé doit constamment être repensé afin de maximiser l'utilisation des ressources pour le mieux-être du patient, il faudrait diagnostiquer la maladie rapidement pour prévenir la déformation des articulations, maintenir leur bon fonctionnement et assurer une bonne qualité de vie. Pour y arriver, il est essentiel d'avoir un plan de prise en charge pour maîtriser l'évolution de la maladie. Souhaitons que cet appel soit entendu.

L'auteur, le Dr Michel Zummer, est chef du département de rhumatologie à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

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