Le rôle du fédéral dans les régions

L'appauvrissement et la dévitalisation des régions rurales partout... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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L'appauvrissement et la dévitalisation des régions rurales partout au pays interpellent tous les paliers gouvernementaux, rappelle Michel Merleau.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Pendant plus de 75 jours, les chefs de partis fédéraux ont livré leur vision du Canada de demain. Maintenant, les jeux sont faits.

Pour la Vallée-de-la-Gatineau, une des composantes de l'immense circonscription de Pontiac représentée par le nouveau député libéral William Amos, le quotidien peut paraître bien loin des préoccupations du fédéral. Mais il a un rôle stratégique à jouer dans une région ressources comme la Vallée-de-la-Gatineau.

L'appauvrissement et la dévitalisation des régions rurales en Outaouais, au Québec et partout à travers le Canada interpellent tous les ordres de gouvernement. Chaque palier a un rôle bien particulier à jouer, en partenariat. Les municipalités locales doivent se doter d'une vision et d'orientations de développement, les MRC doivent servir de catalyseurs pour que les municipalités locales travaillent ensemble dans un climat de partage et de collaboration. Les provinces doivent maintenir en région des services de proximité de qualité en santé, en éducation, en protection civile, en soutien à l'entreprenariat, en mise en valeur des ressources naturelles, etc. De son côté, le fédéral doit, comme l'a promis le nouveau premier ministre Justin Trudeau, investir dans les infrastructures municipales et autres, en tenant compte que les municipalités rurales ont généralement moins de moyens financiers et techniques et d'expertise que les grandes villes.

Au sens large

Bien sûr qu'il faut penser à l'eau potable, à l'assainissement des eaux et à la voirie locale, mais quand on parle d'infrastructures, surtout en milieu rural, on parle de beaucoup plus que cela: Internet haute vitesse, logements salubres et abordables, transport collectif, garderies et même formations spécialisées accessibles, etc. Y a-t-il danger de dédoublement de services ou d'empiétement de juridictions entre les paliers de gouvernement? Oui! Qu'est-ce qui nous empêche de définir les meilleurs porteurs de dossiers et de travailler en concertation pour le plus grand bien des contribuables qui, en passant, sont tous les mêmes?

Pour la Vallée-de-la-Gatineau, l'implication d'Ottawa, comme c'est le cas pour Québec, passe par une déconcentration de services comme une plus grande implication de la Défense nationale à l'Aéroport de Maniwaki ou encore à la future école de réparation d'armes à feu, par une décentralisation des centres de recherche qui traitent d'énergie, de ressources naturelles, d'agroalimentaire, de récréotourisme... et pourquoi pas la création de fonds dédiés à l'innovation et la diversification des énergies vertes?

Au moment de combler les postes vacants au Sénat, pourquoi ne pas songer à des leaders du monde rural?

Que dire d'un centre d'excellence en culture amérindienne mettant en valeur le dynamisme et l'expertise de Kitigan Zibi Anishinabeg?

Le monde rural contribue plus de 35% du PIB grâce aux ressources naturelles; il ne tient pas à demeurer un poids pour les gouvernements supérieurs. Leur appauvrissement et dévitalisation ne profitent nullement aux grands centres qui, au contraire, s'appauvrissent eux-mêmes.

Pour que la ruralité et la revitalisation soient prises en considération, il sera impératif de considérer la création d'un ministère de la Ruralité pour canaliser les efforts des ministères à vocation socio-économique pour identifier les principaux défis du monde rural, de Terre-Neuve à l'Île de Vancouver.

L'auteur, Michel Merleau, est préfet de la MRC Vallée-de-la-Gatineau.

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