Maintenons le réseau de l'UQ

Le siège social de l'Université du Québec... (Patrice Laroche, Le Soleil)

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Le siège social de l'Université du Québec

Patrice Laroche, Le Soleil

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Après quatre années successives de compressions budgétaires dans les universités québécoises, voilà que le siège social de l'Université du Québec est menacé de disparaître. Cette fois c'est du sérieux puisque la demande émane du Conseil du Trésor et du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du Québec.

La majorité des constituantes du réseau universitaire s'opposent à une telle position car leurs dirigeants y voient une mesure qui aura pour conséquence de les affaiblir. En effet, l'Université du Québec a été créée en 1968 d'après un modèle qui préconise des liens de coopération entre chacune des 10 constituantes (UQO, UQ Montréal, UQ Trois-Rivières, UQ Chicoutimi, UQ Rimouski, UQ Abitibi-Témiscamingue, École de technologie supérieure, Institut national de la recherche scientifique, École nationale d'administration publique, TÉLUQ) et un siège social qui coordonne la mise en oeuvre d'un ensemble de services administratifs, tels la reddition de comptes et les assurances collectives; et de services académiques, tels la création et l'évaluation des programmes, ainsi que la constitution de réseaux de chercheurs.

Un tel déploiement des services universitaires sur l'ensemble du territoire québécois aurait été impossible sans cette coordination. Chaque constituante n'a pas les moyens de se procurer ni d'assumer individuellement ces services collectifs. Ce modèle est-il périmé ou, au contraire, a-t-il encore une pertinence?  C'est la question qu'il faut se poser avant de sabrer dans ce système au nom d'une rigueur budgétaire qui risque de ne pas être au rendez-vous.

La preuve est faite que la présence d'une université en région est un jalon important du développement de sa collectivité. Le rapprochement récent entre l'UQO et la Ville de Gatineau en témoigne.

De plus, si les citoyens du Québec peuvent s'enorgueillir de ses diplômés universitaires, force est de constater que le Québec marque toujours un retard lorsque comparé avec les provinces canadiennes et plusieurs pays de l'OCDE.

Le rattrapage n'est donc pas entièrement réalisé.

À l'UQO, on peut dire avec fierté que beaucoup a été accompli au cours des dernières décennies, toutefois, il reste encore à parachever l'offre de programmes aux trois cycles de formation. Affaibli par la disparition de son siège social, ou encore isolé par une déstructuration du réseau, l'UQO vivra des années difficiles, d'autant qu'en Outaouais, la concurrence se fait de plus en plus vive avec des universités qui ne traversent pas autant de perturbations ni ne vivent autant d'incertitudes quant à leur avenir. Plus que jamais, il faut un statut particulier pour l'éducation supérieur en Outaouais. Il faut donc poursuivre l'oeuvre et consolider le réseau de l'Université du Québec.

L'auteur, Denis Harrisson, est le recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).

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