L'État Saint-Bernard

Gilles Paquet... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Gilles Paquet

Martin Roy, Archives LeDroit

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Gilles Paquet

Professeur au Centre d'études en gouvernance, Université d'Ottawa

Les commentateurs se sont mis d'accord pour expliquer l'ouragan libéral qui a balayé le pays. Ce serait l'arrogance de Stephen Harper et son style de gestion qui ont alimenté cette vague de changement. Mon impression est toute autre. C'est l'insolence du gouvernement Harper dans son attaque frontale contre les privilèges auxquels divers groupes de Canadiens croient avoir droit qui les a incités à ruer dans les brancards.

La multiplication de ces privilèges et créances (fonctionnaires sur-payés, producteurs de lait, oeuf et volaille sur-protégés, assurance-chômage trop généreuse, etc.) fait que notre socio-économie s'ankylose. Il faut l'assouplir avec l'aide de la concurrence extérieure. Or le programme du Parti libéral a promis à tous ces groupes d'intérêt une sorte d'État Saint-Bernard qui leur permettra vaillamment de conserver leurs acquis.

Doit-on donc s'attendre à des déficits irresponsables, à une productivité en baisse encore, et à une artério-sclérose galopante de notre économie que combattait le gouvernement Harper?

Pas nécessairement. La marque de commerce du PLC est la tromperie en campagne électorale. Ce que l'on dit n'est pas ce qu'on a l'intention de faire. Trudeau père était contre le contrôle des prix et salaires dans sa campagne contre Stanfield dans les années 1970, mais, dans les 90 jours après sa victoire, il a mis ce programme en place. Chrétien niait les problèmes de finances publiques dans sa campagne contre Kim Campbell en 1993, mais il a sabré dans les transferts aux provinces pour régler son déficit. Le PLC nous a fait le même coup en 2015.

Si le scénario passé tient, le PLC devrait se convertir avant les Fêtes et présenter un budget en 2016 qui ressemblera à celui que les conservateurs auraient proposé - servi avec un câlin - et les Canadiens, amnésiques tolérants à l'extrême, feront le dos rond sans bien se rappeler pourquoi ils ont voté Trudeau.

Si le PLC voulait vraiment tenir ses promesses, alors ce sera plus compliqué. Il faudra faire des prières à Saint-Jude des causes perdues - pour lui demander des miracles.

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