Les grands oubliés de la campagne électorale

Si des analyses plus détaillées des résultats électoraux... (Sean Kilpatrick, Archives PC)

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Si des analyses plus détaillées des résultats électoraux et des premières déclarations que fera Justin Trudeau sont nécessaires, la victoire des libéraux invite à quelques réflexions à chaud sur le dossier des langues officielles.

Sean Kilpatrick, Archives PC

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Les francophones hors Québec seront-ils de retour dans le projet canadien?

Si des analyses plus détaillées des résultats électoraux et des premières déclarations que fera Justin Trudeau sont nécessaires, la victoire des libéraux invite à quelques réflexions à chaud sur le dossier des langues officielles.

La campagne électorale n'a fait que peu de place à la question des langues officielles. Il est à souhaiter que le premier ministre désigné rappellera de façon solennelle que les langues officielles sont une dimension constitutive de l'identité canadienne dans le prochain discours du Trône. Nous l'invitons aussi à procéder à une révision complète de la situation des langues officielles au sein de l'appareil fédéral et à réévaluer la Feuille de route sur les langues officielles afin qu'elle soit en mesure de bien répondre aux besoins des communautés francophones.

Le vote francophone

Qu'en est-il des circonscriptions où le vote francophone avait été identifié comme étant déterminant par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada?

En Ontario, les députés conservateurs Royal Galipeau à Orléans et Pierre Lemieux dans Glengarry-Prescott-Russell ont mordu la poussière [N.D.L.R.: comme Bernard Trottier dans Etobicoke-Lakeshore] au profit des libéraux Andrew Leslie et Francis Drouin, qui rejoindront le député Mauril Bélanger d'Ottawa, réélu.

La circonscription néo-démocrate d'Yvon Godin, Acadie-Bathurst, a aussi été balayée par les libéraux au grand déplaisir du député à la retraite. De nouveaux députés francophones libéraux feront leur entrée au Parlement canadien, comme Randy Boissonneault à Edmonton, Dan Vandal à Winnipeg, Darrell Samson à Halifax et Paul Lefebvre à Sudbury.

Il est trop tôt de savoir si et comment les nouveaux députés francophones hors Québec réussiront à remettre le dossier des langues officielles et la question du développement des communautés francophones à l'ordre du jour, mais cela serait souhaitable. Ce ne sont pas les dossiers qui manquent.

Parmi les autres enjeux qui sont importants du point de vue des langues officielles et des communautés francophones, il y a le financement de Radio-Canada.

La privatisation des services publics n'est pas favorable à la reconnaissance du français comme une langue publique au pays. Le déclin des institutions parlementaires a miné la présence du français dans l'espace public, que l'on pense à l'absence de nomination de sénateurs des milieux francophones hors Québec par Stephen Harper.

À ces enjeux, il ne faut pas oublier l'économie, thème incontournable de toute campagne électorale, qui elle aussi doit aussi être abordée du point de vue des langues officielles. La possibilité de travailler en français dans son milieu et, plus largement, le développement économique sont des questions importantes pour les communautés francophones.

Le 150e anniversaire

Enfin, les libéraux seront responsables des prochaines célébrations du 150e anniversaire de la fédération canadienne. Dans ce cadre, les attentes sont également très grandes. Les langues officielles doivent être au coeur d'une réflexion que nous appelons de nos voeux sur l'avenir du fédéralisme canadien. Le gouvernement libéral devrait s'entendre en venir rapidement à une entente avec la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, afin de faire de l'Ontario un gouvernement participant à l'Organisation internationale de la francophonie. Il devrait aussi tout mettre en oeuvre pour convaincre tant la première ministre Wynne que le maire Jim Watson de faire d'Ottawa, capitale d'un pays bilingue, une ville officiellement bilingue.  Ce sont deux autres gestes concrets qu'il serait opportun d'entreprendre dans la perspective d'un renouveau du projet canadien.

Les auteurs, Linda Cardinal, Rémi Léger et Martin Normand, sont respectivement professeurs à l'Université d'Ottawa, à l'Université Simon Fraser et à l'Université de Montréal.

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