Les leçons du 400e

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Gilles LeVasseur

L'auteur est professeur et constitutionnaliste de l'Université d'Ottawa

Les célébrations du 400e anniversaire de la présence française en Ontario ont permis aux Franco-Ontariens de faire le point sur leur place et leur devenir. Ils ont affirmé haut et fort leur présence et leur identité tant en Ontario que dans le restant du pays, voire même en France. Grâce au soutien gouvernemental et leur détermination, les francophones ont pu exprimer leur attachement à l'Ontario et leur volonté de continuer à bâtir leur destin comme francophone au sein d'une société principalement anglophone.

Les célébrations ont permis de retourner à l'histoire souvent oubliée pour constater les luttes et les défis que les francophones ont endurés afin de s'épanouir et se développer. Trop souvent oubliée dans cette histoire est la place des citoyens dans leur quotidien, au sein d'un village ou d'une communauté, rassemblés essentiellement autour de l'Église catholique romaine qui jour après jour, lutte pour se faire une place au sein d'une société ontarienne qui est en mouvance rapide par suite d'une immigration et industrialisation florissante.

Les luttes locales acharnées sont à la base de cette survie des francophones en Ontario. En maintenant leur attachement à leur langue et leur identité socioculturelle, ils ont semé les éléments des outils qui ont été développés afin de pouvoir militer aujourd'hui pour leurs droits et les services gouvernementaux.

Ces héros du passé ont démontré que les Franco-Ontariens devaient se tenir debout, ne pas avoir peur et se prendre en main. Grâce à leurs rêves et espoirs, nous vivons en Ontario, une présence vivante, fière et résolue vers l'avenir malgré des inquiétudes d'assimilation et une crainte de perte de notre poids démographique.

L'Ontario a grandement changé au point où les francophones se sentent comme des acteurs impliqués dans le développement de la province avec leurs réalités linguistiques et culturelles distinctes.

Mais aussi, les célébrations ont obligé les Franco-Ontariens à mieux définir les prochains enjeux qui auront un effet déterminant sur leur devenir comme individu au sein d'une communauté francophone.

Les défis immédiats portent sur le développement des institutions universitaires en langue française, la reconnaissance de nouveaux droits linguistiques comme dans le domaine municipal incluant leur enchâssement constitutionnel - pensons à Ottawa, ville bilingue -, l'amélioration de la prestation de services gouvernementaux en langue française et le développement de l'économie. D'autres défis portent directement sur le sentiment identitaire des francophones, dont le désir de parler le français comme langue courante au sein d'une famille exogame, de faire la demande de services gouvernementaux en français et de continuer les études postsecondaires en langue française.

On ne peut prédire que les Franco-Ontariens serons encore présents dans 400 ans, parlant couramment la langue française mais nous avons le devoir de procurer aux générations futures les outils afin qu'ils puissent se tailler une place au sein de la société en toute égalité avec le groupe majoritaire. Nous avons allumé le flambeau avec nos bras et nos espoirs, créer les institutions et les conditions afin de vivre à l'égalité du groupe majoritaire.

À eux de le porter très haut, les yeux tournés vers un destin qu'ils définiront en s'inspirant de nos héros.

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