La Syrie, le Pape et le climat

Le pape François.... (Photo FILIPPO MONTEFORTE, Agence France-Presse)

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Le pape François.

Photo FILIPPO MONTEFORTE, Agence France-Presse

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Benoit Delage

L'auteur est directeur du Conseil régional en environnement et développement durable de l'Outaouais

En juin, le pape François en a appelé à une action urgente pour lutter contre le réchauffement climatique. Pour les acteurs en environnement, cette nouvelle position de l'Église catholique constitue un appui inestimable.

Comme il l'affirme, avec les changements climatiques, il est question de la «sauvegarde de la maison commune».

Cette position a étonné plusieurs observateurs et a même été décriée par des élus républicains aux États-Unis. Il faut comprendre que pour certains évangélistes américains qui cherchent à légitimer leur mode de vie, il est impossible de concevoir que l'homme puisse détruire la création de Dieu.

Plus grossièrement, si Dieu nous a donné du pétrole, c'est donc un devoir divin de conduire un Hummer. La nouvelle prise de position du Pape, récemment en visite aux États-Unis, a dû ébranler plusieurs convictions.

Il y a une grande cohérence avec la position du Pape sur l'environnement et sa quête vers une plus grande justice sociale. De fait, il est démontré que le réchauffement climatique touche en premier lieu les populations plus vulnérables de la planète.

Au regard de la liste des pays plus vulnérables au changement climatique, on retrouve le Bangladesh, Haïti, le Soudan, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Cambodge, les Philippines et l'Éthiopie, pour n'en nommer que quelques-uns.

Loin d'être des pays riches membres du G20, ils risquent de souffrir de la diminution de production alimentaire.

Qu'est ce qui menace la production alimentaire mondiale? En quelques mots, plus la température mondiale augmente, plus le cycle hydrologique de la Terre s'intensifie ce qui fait que l'air plus chaud contient encore plus de vapeur d'eau, provoquant des pluies diluviennes encore plus nombreuses et importantes.

Ces pays risquent ainsi de connaître des perturbations dans les prochaines années résultant en de grands mouvements de population.

C'est ainsi que le terme de réfugiés climatiques a fait son apparition.

Le cas de la Syrie

Dans le cas de la Syrie, plusieurs causes ont été alléguées pour expliquer la crise: le déséquilibre des forces à la suite de l'intervention américaine en Irak, la dictature de Bachar el-Assad et la montée des forces autoproclamées État islamique.

En observant le nombre de sécheresses que la Syrie a connues entre 2007 et 2010 et les mouvements de population des zones rurales vers les villes qu'elles occasionnent, des observateurs de la scène politique internationale attribuent donc en partie la crise des réfugiés syriens aux bouleversements climatiques. Quand les gens ont faim, ils se révoltent.

La raréfaction de l'eau et la baisse de productivité des terres agricoles sont aujourd'hui une réalité à travers le globe.

Le nombre de crises humanitaires ne risque que d'augmenter.

Le pape François nous appelle à en prendre conscience.

De plus en plus de réfugiés climatiques cogneront à notre porte.

Collectivement, nous nous devons de faire preuve de compassion envers ces êtres humains.

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