Santé mentale: vous n'êtes pas seuls

L'anxiété, la dépression et d'autres problèmes de santé... (Jessica Garne, Archives La Tribune)

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L'anxiété, la dépression et d'autres problèmes de santé mentale sont très fréquents en milieu universitaire.

Jessica Garne, Archives La Tribune

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Allan Rock

L'auteur est recteur et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa.

Tout a commencé pendant mes études de premier cycle à la Faculté des arts à l'Université d'Ottawa. Je venais d'avoir 18 ans et j'habitais chez mes parents.

Au début, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'ai appris plus tard que les vagues soudaines d'anxiété paralysante qui m'envahissaient de plus en plus souvent étaient des «crises de panique». Ça m'arrivait surtout à l'université: à la cafétéria, dans les corridors et même en classe. Mon coeur s'emballait, je me mettais à rougir et à transpirer, et j'avais l'impression de perdre le contrôle.

J'étais convaincu que tout le monde voyait que je «paniquais», ce qui aggravait encore plus mon cas.

De plus en plus mal à l'aise, j'évitais l'université. Je ne venais au centre-ville que pour assister à mes cours et je retournais vite chez moi.

J'ai commencé à perdre tout ce que j'avais de confiance en moi. J'ai laissé tomber mes activités. Je me sentais de plus en plus isolé et déprimé. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait et je ne savais pas comment m'en sortir. J'avais l'impression de ne pouvoir en parler à personne. Surtout pas à mes parents... Ils n'auraient jamais compris (que je me disais).

Le poids de la honte

Je refusais d'admettre que j'avais un problème de santé mentale. L'idée même m'effrayait, et j'avais honte. Faudrait-il que j'abandonne mes études? Où trouver de l'aide?

Ma soeur venait de terminer ses études en sciences infirmières et avait laissé un manuel de psychiatrie dans la bibliothèque familiale. Je suis tombé sur des passages qui semblaient décrire mes symptômes. C'était là, en toutes lettres: névrose accompagnée d'anxiété et de dépression. Maintenant je connaissais (ou je pensais connaître) la nature de mon problème. Mais je n'avais toujours pas de solution.

J'ai souffert en silence pendant des semaines. Un jour au pavillon Simard, à regarder les étudiants dans le hall d'entrée, j'ai senti une énorme bouffée d'anxiété et une immense solitude m'envahir. Je me suis juré à ce moment-là de faire quelque chose, n'importe quoi, pour m'en sortir.

Ce soir-là, j'ai feuilleté les Pages jaunes d'Ottawa - un genre d'ancêtre de Google - sous la rubrique «psychiatres» et j'y ai trouvé une liste de 10 ou 12 noms. Il m'a fallu plusieurs jours et beaucoup de courage pour les appeler: ils étaient tous occupés, sauf un. Il m'a donné rendez-vous dès le lendemain. Ce fut un énorme soulagement de savoir que j'allais enfin pouvoir parler à quelqu'un de mon secret.

J'ai vu le psychiatre une fois par semaine pendant plusieurs mois. Je n'en ai parlé à personne, surtout pas à mes parents. Ses services n'étaient pas couverts par l'assurance-maladie, et il demandait 90$ la visite, des frais que je ne pouvais absolument pas payer. Dans un élan de bonté remarquable encore aujourd'hui, il a accepté de me voir gratuitement. (Bien plus tard, je lui ai envoyé un chèque avec un mot de remerciement, lui exprimant le souhait que ma contribution lui permette de recevoir un jour un autre pauvre client en détresse.)

Dans l'année qui a suivi, j'ai retrouvé mes sens et mon jugement. J'ai commencé à sortir de mon isolement autoinfligé. À voir des amis et à participer à la vie universitaire. J'ai appris à mieux me connaître grâce à des conseils qui m'ont aidé à grandir et à m'épanouir.

Ça n'a pas été facile pour moi d'obtenir de l'aide. Et j'ai été très chanceux de tomber sur une personne aussi généreuse qui a véritablement transformé ma vie.

Des choses qui ne changent pas

Bien des années ont passé depuis. Le monde, et l'université, ont bien changé, mais certaines choses demeurent: l'anxiété, la dépression et autres troubles de santé mentale sont encore très fréquents en milieu universitaire. Je sais à quel point ces difficultés sont pénibles et troublantes, et combien on peut se sentir isolé et seul.

Mais vous n'êtes pas seuls.

L'offre de services d'accompagnement psychologique confidentiels sur les campus s'est considérablement élargie.

N'essayez pas de surmonter vos difficultés ou de chercher un traitement par vous-même. Profitez plutôt des excellents services d'aide mis à votre disposition.

En cas de besoin, téléphonez à notre service de counselling. Nos conseillers ont toute la formation nécessaire, ils comprennent votre besoin de confidentialité.

Ne souffrez pas seul. Quand j'ai enfin reçu l'aide dont j'avais besoin, cela a fait une énorme différence. Avec le temps, mes symptômes se sont estompés, puis ont disparu pour ne plus revenir.

Je vous en prie, n'hésitez pas à demander de l'aide. Il suffit d'un simple coup de fil.

L'auteur, Allan Rock, est recteur et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa.

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