La ministre Meilleur a raison

Gilles Levasseur... (Archives, LeDroit)

Agrandir

Gilles Levasseur

Archives, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Gilles Levasseur

La ministre Meilleur a raison de dire que l'avenir du français passe entre autres par les individus, les familles et la communauté. Les individus doivent assumer une part du transfert linguistique d'une génération à une autre et de créer un environnement favorable afin que la langue parlée dans le foyer familial puisse s'épanouir. Même si l'exogamie est une réalité de la société franco-ontarienne, les francophones doivent créer l'espace et le sentiment identitaire afin que la prochaine génération puisse aussi employer et transmettre la langue acquise.

Très souvent nous comptons sur l'État afin de corriger nos problèmes ou nos lacunes personnelles. Pensons aux dépenses de consommation excessive et les manquements à la planification de la retraite ou le fait de ne pas arrêter de fumer. Au départ, les individus doivent être responsables et imputables de leurs choix linguistiques et ceci comprend le fait de demander la prestation des services gouvernementaux en français. Si les francophones ne demandent pas les services, ils ne seront pas offerts ou cesseront de faire l'objet d'une prestation gouvernementale.

Toutefois, les individus ne peuvent seuls aujourd'hui être les porteurs de la protection et du développement d'une langue qui est en situation minoritaire et qui, au cours des siècles, a fait l'objet de mépris et d'exclusion. L'État est tenu de corriger cette situation afin de permettre que l'on puisse recevoir des services gouvernementaux en français et de favoriser le développement et l'épanouissement de la langue française. Cette dernière doit être valorisée par les instances gouvernementales afin que les individus puissent être appuyés dans le combat pour sa vitalité et la reconnaissance sociale. 

Les institutions gouvernementales doivent aussi continuer la prestation de services gouvernementaux en français malgré la faible demande dans certains cas. Ceci prend du temps à réaliser, car les Franco-Ontariens partent de très loin. Qui aurait pu imaginer il y a 40 voire 30 ans que nous aurions autant de lois qui gouvernent les droits des francophones, les conseils scolaires, le drapeau franco-ontarien, les institutions en santé et des entités désigné en vertu de la Loi sur les services en français. Nous avons réalisé des pas de géants et nous devons continuer dans cette lancée afin d'assurer un encadrement aux francophones et une vitalité à la langue française. 

Afin que ces démarches ne soient pas remises en question, il est nécessaire que nous enchâssions nos droits linguistiques. Cette mesure se veut une protection constitutionnelle de notre situation contre tout mouvement de repli des droits des francophones et des services offerts. Deux grandes approches existent: celle de l'enchâssement de nos droits acquis et la formule du bilinguisme institutionnel complet que l'on retrouve au Nouveau-Brunswick. L'approche d'enchâsser les droits acquis est celle qui semble politiquement la plus viable. Elle cristallise les droits existants dans une formule juridique simplifiée et acceptable pour la majorité ontarienne. 

Nous avons un gouvernement qui est ouvert aux revendications des francophones, une première ministre à l'écoute et une ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, qui a su au cours des années bien faire reconnaître la place des francophones au sein de l'appareil gouvernemental ontarien et l'amélioration de nos droits linguistiques. 

Ceci est de notre devoir de faire avancer ce dossier étape par étape afin que les droits des francophones puissent faire l'objet d'une déclaration d'enchâssement constitutionnel devant la législature ontarienne dans les prochaines années. Nous sommes et nous serons, mais avec une reconnaissance explicite dans la Constitution canadienne.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer