Le Québec et les Franco-Ontariens

La première ministre ontarienne Kathleen Wynne et le... (Étienne Fortin-Gauthier, collaboration spéciale)

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La première ministre ontarienne Kathleen Wynne et le ministre québécois Jean-Marc Fournier, lors de l'événement Rendez-vous Champlain à Penetanguishene.

Étienne Fortin-Gauthier, collaboration spéciale

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Gilles LeVasseur

L'auteur est constitutionnaliste et professeur à l'Université d'Ottawa.

Les Franco-Ontariens saluent la visite du ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, le 1er août dernier, lors des célébrations commérant les 400 ans de présence française en Ontario.

En remettant une plaque commémorative soulignant à la fois les puissants liens historiques qui unissent les deux provinces et l'important rôle joué par les francophones dans le développement du pays, le gouvernement du Québec reconnaît le combat acharné des Franco-Ontariens dans leur quête d'une existence d'égale à égale avec le groupe majoritaire.

Le gouvernement québécois a un rôle essentiel à jouer dans le rayonnement du français au pays. Comme principal foyer de la présence francophone canadienne, le Québec doit assumer un vrai leadership. Ceci comprend un engagement ferme auprès des 2,5 millions de francophones et francophiles vivant à l'extérieur de ses frontières.

Les relations entre la Belle Province et les francophones hors Québec ont souvent été difficiles, voire tendues, ces 40 dernières années.

Les États généraux de 1967, où ces derniers ont été abandonnés au profit d'une identification territoriale québécoise, ont laissé des traces. Les francophones de l'Ontario ont délaissé le concept de Canadiens-français pour devenir Franco-Ontariens, s'appuyant principalement sur le gouvernement fédéral - et par la suite, sur le gouvernement ontarien - afin de trouver des outils pour se développer et s'épanouir.

À la suite de son cheminement identitaire, le Québec s'est isolé des francophones hors Québec.

Les combats linguistiques menés par les francophones hors Québec devant les tribunaux canadiens ont souvent été l'objet de conflits et d'incompréhension.

Dans bien des cas, le Québec n'a pas été disposé à favoriser l'épanouissement linguistique des francophones hors Québec, par crainte d'un effet boomerang sur la minorité anglophone québécoise. On a d'ailleurs pu l'observer dans les causes touchant l'éducation dans la langue de la minorité officielle.

Dans ces dossiers, Québec a souvent pris une position qui contredit la volonté des francophones hors Québec dans leur quête d'une amélioration de leurs droits linguistiques. Si la justice garantissait les droits des francophones hors Québec, ces mêmes principes pourraient s'appliquer - avec certaines adaptations - aux Anglo-Québécois.

Le Québec n'était pas prêt à prendre ce risque.

Les Franco-Ontariens désirent un rapprochement avec le Québec dans l'honneur et l'enthousiasme, et ce, dans tous les domaines de la société. Il faut accentuer les échanges institutionnels, tant dans le monde universitaire, de la santé, de l'éducation que de la culture. Mais cela doit aussi inclure une solidarité juridique dans la revendication de droits linguistiques des communautés francophones canadiennes.

La déclaration de Toronto, signée le 21 novembre dernier par les premiers ministres de l'Ontario et du Québec, est un pas important dans le rétablissement de ponts entre le Québec et les Franco-Ontariens. Cette entente ouvre la porte à une plus grande coopération afin que le français s'épanouisse au pays.

La prise de position commune sur l'avenir de Radio-Canada est un excellent exemple de cette nouvelle volonté de travailler ensemble. Les compressions effectuées dans les services francophones de la société d'État fédérale sont inacceptables et l'intervention de ces deux gouvernements est vitale afin d'assurer que les services conservent les ressources nécessaires pour faire rayonner la vie en français, d'un océan à l'autre.

Il faut continuer ce rapprochement. Et ça peut commencer par un appui au gouvernement de l'Ontario, qui cherche à devenir un membre de la Francophonie.

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