Éradiquer l'hépatite C

Près de 600 000 Canadiens sont infectés, et... (Photo d'archives, La Presse)

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Près de 600 000 Canadiens sont infectés, et la majorité d'entre eux l'ignorent.

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Ecaterina Damian

L'auteure est gestionnaire de programme pour le Réseau mondial de lutte contre l'hépatite C

L'hépatite virale est une grave maladie du foie qui peut entraîner une insuffisance hépatique, un cancer, une cirrhose, l'invalidité ou le décès. En dépit de ses graves complications, l'hépatite est souvent perçue comme une maladie «silencieuse»: elle s'installe, puis attend; il s'agit d'une maladie qui progresse lentement. Les symptômes n'apparaissent pas immédiatement; ils peuvent prendre des années avant de se manifester.

Il s'agit également d'une maladie «silencieuse», car nous, les Canadiens, n'en parlons pas assez. De nombreuses personnes croient à tort que cette maladie ne touche que les groupes marginalisés, tels que les jeunes de la rue, les utilisateurs de drogues injectables et les détenus.

Or, dans les faits, 600000 Canadiens sont infectés par le virus de l'hépatite B ou C, et la majorité d'entre eux ignorent qu'ils en sont atteints. Les baby-boomers sont, plus que tout autre groupe, susceptibles d'avoir contracté cette infection à la suite d'une intervention médicale, telle qu'une transfusion sanguine ou un traitement dentaire réalisé avant que des normes adéquates ne soient imposées pour la lutte contre les infections.

Les personnes infectées peuvent transmettre le virus à d'autres personnes sans le savoir. L'hépatite virale peut se transmettre par contact avec de l'équipement médical qui n'a pas été stérilisé adéquatement, par le partage d'articles de soins personnels, comme les rasoirs, ou par le partage d'aiguilles, ou encore lors de séances de tatouage ou de pratiques sexuelles à haut risque.

Aujourd'hui est la Journée mondiale contre l'hépatite, et la Société canadienne de santé internationale (SCSI) invite les baby-boomers et les autres Canadiens à faire un test de dépistage. Et nous ne sommes pas les seuls à formuler cette demande. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) encourage vivement tous les pays à mettre en place un programme de dépistage à grande échelle fondé sur l'âge, en mettant l'accent sur les personnes nées entre 1945 et 1965. Un tel programme de dépistage favoriserait de façon significative le diagnostic précoce de l'infection et permettrait ainsi d'améliorer le taux de traitement et la qualité de vie, en plus de diminuer à long terme les coûts associés aux soins de santé.

Un simple test sanguin suffit à poser le diagnostic de cette maladie complexe. Soixante-quinze pour cent des personnes aux prises avec l'hépatite C en sont au stade précoce de la maladie, qui constitue le moment idéal pour poser le diagnostic et traiter la maladie.

Les nouveaux traitements antiviraux peuvent en outre guérir la maladie si les personnes qui en sont atteintes agissent rapidement.

Le Canada, en raison de son manque d'engagement à adopter de nouvelles lignes directrices en matière de dépistage, a pris du retard sur les efforts déployés à l'échelle mondiale pour éradiquer l'hépatite C.

Même nos voisins du Sud ont mis en place un test de dépistage unique de l'hépatite C fondé sur l'âge. On prévoit que cette mesure permettra de diagnostiquer 800000 personnes de plus et de sauver plus de 120000 vies aux États-Unis.

La bonne nouvelle est que les Canadiens qui en font la demande peuvent subir gratuitement un test de dépistage, puisqu'il est couvert dans le cadre du programme actuel de soins de santé. Il est temps que les baby-boomers et les autres Canadiens se joignent à l'initiative mondiale visant à éradiquer l'hépatite, qu'ils assument ainsi leurs responsabilités en matière de soins de santé et demandent à faire ce test.

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