Une perte inestimable pour Saint-Sixte

Les flammes ont réduit en cendres l'église de... (Julien Paquette, LeDroit)

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Les flammes ont réduit en cendres l'église de Saint-Sixte et son presbytère la semaine dernière. Depuis, le village de quelque 500 habitants est en deuil.

Julien Paquette, LeDroit

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Michel Prévost

L'auteur est président de la Société d'histoire de l'Outaouais et archiviste en chef de l'Université d'Ottawa

La Société d'histoire de l'Outaouais sympathise avec la communauté de Saint-Sixte pour la perte de son église, de son ancien presbytère ainsi que de son bureau et de ses archives municipales. Il s'agit d'un jour bien sombre pour ce magnifique village de la Petite-Nation. En fait, l'église centenaire constituait sans contredit le bâtiment le plus important du village. De plus, c'était son phare, puisque l'on pouvait voir de loin la petite église blanche érigée fièrement sur un promontoire.

Construite entre 1886 et 1895, la petite église en bois avait toutefois été modifiée au fil des ans, particulièrement en 1945 avec l'enlèvement du maître-autel et des autels latéraux, la construction du porche sur la façade en 1955 et enfin l'ajout en 2000 du revêtement en vinyle à l'extérieur.

En réalité, l'église Saint-Sixte n'était pas reconnue pour ses attributs patrimoniaux, mais bien plus pour sa valeur historique et culturelle. En effet, la municipalité perd un de ses rares bâtiments du xixesiècle et son lieu de culte qui a accueilli plusieurs générations de paroissiens à divers moments importants de leur vie. De fait, ce n'est pas que des murs de bois que la communauté vient de perdre, mais des pans de vie. De là, toute la douleur ressentie par le maire de Saint-Sixte, André Bélisle, et de sa population.

Par ailleurs, l'église de Saint-Sixte faisait partie du paysage culturel de la Petite-Nation depuis plus d'un siècle. En effet, en toute saison, cette église rurale toute blanche embellissait l'Outaouais et faisait la fierté de ses résidents et la joie de ses visiteurs.

Comme si cela n'était pas assez, la municipalité vient aussi de perdre ses archives. En effet, ce n'est pas seulement le patrimoine religieux qui vient de s'envoler en fumée, mais également son patrimoine archivistique. Comme archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, je suis bien placé pour savoir que pour la mémoire d'une collectivité cette perte documentaire demeure inestimable et bien sûr irremplaçable.

Bref, en quelques heures Saint-Sixte a perdu une partie de son âme et de sa mémoire. Il est évident que l'on trouvera désormais un immense vide au sein de cette fière communauté de l'Outaouais. Seul le temps atténue la douleur et pour l'heure, je ne peux que partager votre désolation et vous souhaitez bon courage.

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