Les peurs d'une infirmière

J'ai 28 ans et je suis infirmière à l'urgence de Gatineau. J'exerce une... (Archives, La Presse)

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Caroline Dufour

J'ai 28 ans et je suis infirmière à l'urgence de Gatineau. J'exerce une profession que j'adore, malheureusement dans des conditions précaires pour les travailleuses et les patients. Je ressens tellement de colère et d'incompréhension lorsque, je lis les coupures drastiques que le gouvernement propose aux infirmières.

Les coupures dans le réseau me font peur. Peur de ne plus pouvoir fournir la même qualité de soins, car je devrais bientôt faire autant, sinon plus avec moins. Peur d'y perdre ma licence en faisant des erreurs de médicaments, en ne pouvant faire marcher mes patients ou les tourner au lit aux deuxheures pour prévenir des plaies. Peur pour mes patients; je crains que les soins ne soient affectés. Peur qu'on en demande de plus en plus aux membres de la famille qui eux n'ont pas toujours le temps de prendre soin de leurs proches.

Le gouvernement veut nous faire reculer dans le temps. La profession d'infirmière permet aux femmes d'avoir une indépendance financière et professionnelle. On veut maintenant nous retirer nos primes. Elles permettent la rétention des infirmières d'expérience dans les soins critiques (urgence et soins intensifs entre autres). L'expertise permet des soins de qualité. Sans elles, qui aidera à l'intégration des jeunes diplômées?

PROFESSION DÉNIGRÉE

Nous nous donnons corps et âme dans notre travail. Nous mettons souvent nos vies de côté. Nous devons souvent faire du temps supplémentaire obligatoire. Le gouvernement redonnera bientôt aux médecins de nouvelles primes. Nous, on veut tout nous enlever. On dénigre notre profession et son importance. Nous tenons le système de santé à bout de bras.

En santé, en éducation, dans les services à la population, ce gouvernement nous enlève tous nos acquis. La privatisation est leur solution insidieuse et non dite. Comme infirmière, je vais me battre pour faire valoir les droits des patients et l'importance d'un système de santé public et accessible pour tous, avec des soins de qualité. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette doit reconnaître l'importance de notre travail et reculer sur ses propositions irrespectueuses envers notre profession.

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