Une université francophone... virtuelle

Une nouvelle université de langue française en Ontario? Un voeu pieux? Une... (Photothèque Le Soleil)

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Wilbrod Leclerc

L'auteur est un professeur retraité de l'Université d'Ottawa.

Une nouvelle université de langue française en Ontario? Un voeu pieux? Une nécessité?

Il est vrai que la minorité anglophone du Québec est mieux desservie par ses trois universités subventionnées. Que le Nouveau-Brunswick a une université de langue française. Et, depuis quelques années, le Manitoba.

L'Université d'Ottawa, une université bilingue, celle à Hearst et son campus à Timmins, plus le collège Glendon à Toronto: tout cela ne compte pour rien dans l'esprit d'un grand nombre de nos institutions (même le quotidien LeDroit) poussées par le mouvement des étudiants franco-ontariens. Toutes proclament avec force la nécessité de mettre sur pied une nouvelle université gérer par les Franco-Ontariens pour les Franco-Ontariens. On propose la construction d'un campus dans les environs de Toronto.

Tout d'abord, définissons le problème. Les Franco-Ontariens sont dispersés, avec une forte concentration dans l'est et dans le nord. Construire un nouveau campus, n'importe où en Ontario, ne peut que desservir un nombre relativement petit d'étudiants des environs.

La province manque d'argent et n'est pas encline à créer une nouvelle université pour les Franco-Ontariens. Même la ministre Madeleine Meilleur n'a pas réussi à obtenir des engagements de ce côté-là.

Essayons une autre voie. Nous ne sommes plus au xixesiècle, ni même au xxe. En 2015, il se présente une solution technologique: l'université virtuelle ou complètement en ligne. Elle met ses cours et ses diplômes à la disposition de tous les étudiants à leur domicile.

Il n'y a rien de neuf dans cette proposition. Déjà, en Ontario, les élèves du secondaire peuvent prendre des cours en ligne s'ils ne sont pas offerts dans leurs écoles. Des centaines d'universités dans le monde offrent des cours en ligne. Au Canada, une alliance de huit universités fait de même. D'autres le font indépendamment. L'Université d'Ottawa offre près d'une centaine de cours en français en ligne.

Les Franco-Ontariens seraient donc capables de s'inscrire à des cours à peu près n'importe où dans le monde, et même dans les meilleures universités. Ils n'auraient même pas à se déplacer pour étudier. Ils le feraient de leur ordinateur.

On pourrait s'objecter que ce qui importe le plus dans les universités c'est le taux de rétention, le pourcentage de ceux qui complètent leur diplôme, et que ce taux est très bas dans les programmes en ligne. Rien n'est plus faux. Le taux de rétention en ligne se compare favorablement au taux sur les campus, de 50% à plus de 80%.

Et dans le fond, n'importe lequel taux de rétention vaut mieux que zéro s'il représente des étudiants qui n'auraient pu aller à l'université autrement. Peut-on proposer une meilleure solution pour les Franco-Ontariens?

Même l'Ontario y serait intéressée. Elle déjà mis sur la table quelque 80 millions$ l'an dernier pour des cours en ligne. En se concentrant sur des campus physiques, nous laissons filer les occasions et l'argent offerts pour des services en ligne.

L'Université d'Ottawa pourrait lancer un tel projet. Elle a les programmes et les professeurs de langue française. Il ne lui manque que la volonté et le financement. Et, tant qu'à faire, les collèges français de l'Ontario pourraient s'unir et lancer un collège en ligne.

Il faut arrêter de se concentrer sur des briques dispendieuses et desservir les jeunes où ils sont. Il faut sauter sur l'occasion.

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