Une solution style Uber pour le covoiturage

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Uber a soulevé la controverse, notamment chez les chauffeurs de taxi.

La Presse Canadienne

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Benoit Delage

L'auteur est directeur général, Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais

Voyant leur tranquillité menacée, de nombreux résidents du quartier Limbour revendiquent l'élargissement du pont Alonzo-Wright ou la construction d'un tout nouveau pont au-dessus de la rivière de la Gatineau.

À leurs yeux, cette solution réglerait leur problématique de circulation. Dans les faits, il ne ferait que repousser le problème. On compare souvent ce genre de solution à celui d'offrir un pantalon plus grand à une personne avec un problème de surpoids dans l'espoir de régler son problème.

Puisque nous vivons dans une société où le 9 à 5 est la norme, nous nous sommes dotés d'infrastructures coûteuses que nous entretenons de peine et de misère. Comble de malheur, le réseau ne répond plus aux besoins des périodes de pointe.

La solution, direz-vous, réside dans le transport en commun; toutefois, ce système connaît des limites financières.

L'achalandage et la densité sont des éléments primordiaux à la viabilité d'un réseau.

À Gatineau, avec une faible densité de 442 habitants par km2, l'offre en transport en commun est difficile à augmenter et améliorer. En gros, il y a trop peu de gens pour offrir des trajets efficaces à un coût raisonnable.

Le covoiturage

Notre réseau routier a été conçu pour transporter des voitures et non des personnes. Le covoiturage devrait être la solution. Cependant, sa difficulté a toujours été de mettre les gens en relation d'une façon efficace et de rendre l'échange d'argent plus facile.

La réponse pourrait se retrouver dans notre téléphone intelligent. Malgré son caractère controversé, l'application Uber a déjà prouvé son efficacité.

Par contre, le modèle Uber comporte trois problèmes. Premièrement, avec une commission de 20%, il s'agit d'une importante fuite de capitaux vers cette société de Californie. Deuxièmement, l'industrie du taxi rechigne.

Il est difficile de ne pas être sensible aux sorts des personnes qui ont investi d'importantes sommes dans l'achat de leur permis de taxi. Finalement, malgré le dernier jugement à Toronto, l'aspect réglementaire fait toujours défaut chez Uber.

Le ministère des Transports devrait se concentrer davantage sur le transport viable et investir moins sur le nouveau béton. Une façon d'agir dans ce sens serait de prendre en charge un service de covoiturage.

Cela aurait le mérite de conserver les devises au pays, d'offrir la possibilité de racheter graduellement les permis de taxi des joueurs qui désirent sortir du marché et, en parallèle, de limiter le nombre de kilomètres parcourus qu'un nouvel usager de l'application peut offrir en covoiturage pour assurer une transition tranquille.

Il existe un Bureau du taxi; pourquoi pas un Bureau du covoiturage? Finalement, le gouvernement pourrait y trouver un bénéfice économique et environnemental tout en assurant une légitimité réglementaire.

Cette solution a le mérite de réduire les pointes des heures d'achalandage et de diminuer les investissements dans notre réseau de transports.

En fait, le but réel est de rééquilibrer la place de la voiture et, par le fait même, localement, d'éviter la construction d'un nouveau pont.

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