Il faut préserver le pont couvert

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Michel Prévost

L'auteur est président de la Société d'histoire de l'Outaouais.

La Société d'histoire de l'Outaouais se joint à Tourisme Pontiac et aux 300 citoyens du coin qui ont manifesté récemment pour réclamer la restauration immédiate et la réouverture du pont couvert Félix-Gabriel-Marchand, à Mansfield-et-Pontefract.

Ce monument historique s'avère unique non seulement pour l'Outaouais mais aussi pour le Québec puisqu'avec ses 152 mètres et son portail d'entrée, il s'agit du plus long pont couvert de la province.

Pendant longtemps, on considérait que cet honneur revenait à celui de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce, mais une nouvelle façon de compter la longueur en incluant le portique d'entrée fait aujourd'hui de cette structure la plus longue du territoire québécois.

Qui plus est, il demeure le seul pont couvert qui date du xixesiècle dans la région et l'un des derniers au Québec qui datent de cette période. Autrefois, plus de 1000 de ces structures, appelées aussi ponts rouges, embellissaient les paysages du Québec, dont une centaine en Outaouais. Aujourd'hui, on en compte moins d'une centaine au Québec et moins de 10 en Outaouais. Cette ancienneté et cette rareté justifient amplement la restauration et la remise en service de la structure dans les plus brefs délais.

Le pont porte le nom de Félix Gabriel Marchand, en l'honneur du premier ministre du Québec au moment de sa construction en 1898. La survie de ce pont relève du miracle. En fait, il est le seul survivant des quatre ponts rouges du Pontiac.

En 1963, le conseil municipal de Mansfield-Pontefract a décidé de démolir le pont Félix-Gabriel-Marchand, en très mauvais état. On voulait surtout donner du travail aux chômeurs pendant l'hiver. Heureusement, des citoyens se sont mobilisés et se sont vivement opposés à cette disparition. Ils ont lancé une campagne de financement locale et demandé des subventions pour restaurer le vieux pont. Deux ans plus tard, avec les fonds amassés et avec l'aide de bénévoles, les réparations nécessaires ont été effectuées et la structure entièrement repeinte.

En 1979, le pont est passé à deux doigts d'être emporté par le flottage du bois. La structure a dévié sur deux piliers et il a fallu le fermer. On a encore une fois décidé de le sauver et après un an, les voitures y circulaient à nouveau. Au printemps 2014, des faiblesses dans la structure ont forcé le ministère des Transports du Québec a de nouveau interdire son accès.

En 1988, ce joyau du patrimoine a été classé monument historique pour le protéger pour les générations à venir. Une plaque située à l'entrée nord du pont révèle son histoire. De plus, une halte routière située à quelques mètres embellie ce site qui s'avère un atout considérable pour le développement touristique de l'Outaouais.

Aujourd'hui, le pont couvert Félix-Gabriel-Marchand est de nouveau inaccessible et son avenir demeure incertain. Pourtant, il jouit de la plus haute protection patrimoniale du Québec. En réalité, si on ne peut plus bien entretenir les rares monuments historiques classés en Outaouais, on peut se poser de sérieuses questions sur la mise en valeur et l'avenir de notre patrimoine bâti.

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