Un peu plus de nuance

Jacques Parizeau....

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Jacques Parizeau.

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Rachel Romanica

Je suis désolée de voir que l'éditorialiste du quotidien LeDroit ait aussi de ne retenir que les malheureuses paroles de Jacques Parizeau, proférées le soir du référendum du 30 octobre 1995. Durant des années, j'ai présumé que ces remarques étaient sa seule réaction au résultat si décevant, et je lui en ai même voulu. Ce n'est qu'en réécoutant son discours que je me suis rendue compte à quel point M. Parizeau avait trouvé les paroles qu'il fallait ce soir-là, pour prendre la juste mesure des résultats et rappeler aux Québécois que 60% d'eux avaient voté pour le Oui. Et pour les mettre en garde contre les représailles du camp de NON, qui n'ont pas tardé, avec la Loi sur la clarté qui fait en sorte que jamais les Québécois ne pourront décider de leur avenir par référendum, car le choix de la question et de la majorité nécessaire est maintenant du ressort du Canada... La référence à «l'argent et à des votes ethniques» ne représentait qu'un léger écart dans un discours édifiant. Il n'était pas sans savoir à quel point le camp du Non avait fait fi des limites de dépenses établies, pour faire venir à ses frais des gens de partout au Canada pour le grand love-in. Que peu de temps avant le référendum, au Québec, on avait accepté des immigrants en nombre encore jamais vus pour faire pencher la balance. Mais les propos de M. Parizeau ont été déformés par ses adversaires pour qu'ils ne deviennent tout ce qui demeure de cette soirée historique. Jacques Parizeau était un grand homme. Il ne faut pas que ses remarques malhabiles, exprimées dans une atmosphère surchauffée et sous l'effet de l'émotion, soient tout ce dont on se souvienne de lui. J'aurais espéré un peu plus de nuance de la part de l'éditorialiste du Droit.

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