La tentation du large

Georges Paquet.... (Archives, LeDroit)

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Georges Paquet.

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Une élection générale aura lieu jeudi en Grande-Bretagne. La campagne est féroce. Rarement les principaux partis, conservateur et travailliste, se sont lancés en campagne avec si peu d'appui de la population. Aucun des deux ne recueille proche des 40% de votes favorables, contrairement à l'habitude.

Un tiers parti, largement ignoré jusqu'à récemment, l'UKIP, pourrait bien influencer sérieusement l'issu de ce scrutin. UKIP est le sigle du parti pour l'indépendance de la Grande-Bretagne (United Kingdom Independance Party). On y prône la sortie pure et simple de l'Union européenne. Le premier ministre David Cameron, soucieux de renégocier les coûts de l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union (19 milliards$), et voulant diminuer l'attrait de ce troisième parti, a promis de tenir un référendum en 2017, sur le retrait de son pays de l'Union européenne s'il est élu lors de cette élection générale. Le pari est osé.

Difficile de prendre au sérieux cette promesse. Après avoir tenté de ralentir la force centrifuge qui continuait d'amener les pays de la vieille Europe à se coaliser autour d'objectifs sociaux, commerciaux et politiques dans une union toujours plus étroite, la Grande-Bretagne a dû s'y prendre à deux fois en 1961 et 1972 pour adhérer à ce qui était en 1973, la Communauté économique européenne (qui deviendra l'Union européenne, en 1993).

Comme chacun des 28 pays membres, la Grande-Bretagne participe aux travaux communs et est représentée par des députés (73) au Parlement européen. Les Britanniques ont même joué un rôle dans la création d'une politique européenne de sécurité et de défense. Il existe, en ce moment, un assez large consensus, en Grande-Bretagne pour ne pas laisser tomber la livre sterling en faveur de l'euro, mais de là à entrevoir un retrait complet de l'Union européenne, il y a une marge peu plausible.

Cameron argue que la Grande Bretagne, deuxième économie d'Europe, pourrait trouver son avantage en négociant d'égal à égal un accord de libre-échange avec l'Union européenne. Mais cela ne convainc pas grand monde. Les Européens ne s'y prêteraient pas facilement.

La Grande-Bretagne a davantage besoin de l'Union européenne que l'Union a besoin de la Grande-Bretagne. Hors de l'Union européenne, la Grande-Bretagne aurait toujours besoin de commercer avec le continent.

Hors de l'Union européenne, la Grande-Bretagne n'aurait aucune influence dans ce domaine pourtant crucial pour son commerce extérieur. Ajoutez à cela le besoin pour tous les Britanniques de sortir leur passeport pour aller skier dans les Alpes ou pour se prélasser sur la Côte d'Azur, alors qu'ils s'y aventurent sans contrainte, maintenant. À n'en pas douter, le risque d'isolement est bien présent mais les gens d'affaires préféreront voter contre le projet Cameron - quitte à appuyer les travaillistes qu'ils n'aiment pas particulièrement - plutôt que de se voir privés de leur accès privilégié au plus grand marché du monde (500 millions de citoyens).

De plus, il serait surprenant que de très nombreux électeurs ne se souviennent pas que ce même David Cameron s'opposait fermement aux tentations d'indépendance des Écossais, leur expliquant quelle perte ce serait pour eux de se séparer de la Grande-Bretagne mais surtout de s'exclure par la même occasion de l'Union européenne.

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