Hommage d'une immigrante à Pierre-Claude Nolin

Pierre Claude Nolin est décédé le 23 avril... (Adrian Wyld, Archives La Presse Canadienne)

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Pierre Claude Nolin est décédé le 23 avril dernier à Montréal, à l'âge de 64 ans.

Adrian Wyld, Archives La Presse Canadienne

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Mercédès Durosel

L'auteure est présidente de l'Association économico-féminine multiethnique (AECOMETH).

En 1988 j'avais rencontré pour la première fois un ministre du gouvernement canadien. Pour une immigrante issue d'une dictature comme celle d'Haïti où l'on craignait les politiciens, j'étais très surprise de me trouver devant un homme d'une très grande simplicité et ouverture sur le monde et qui était mon député. C'était Jean Corbeil, ministre du Travail et ministre responsable de l'Île de Montréal dans le gouvernement de Brian Mulroney. Quelques années plus tard j'ai retrouvé les mêmes qualités chez Pierre-Claude Nolin.

Impressionnée par mon député Corbeil, j'ai adhéré à son parti, le Parti progressiste-conservateur. J'y suis devenue rapidement membre de l'exécutif du comté en charge de la condition féminine. J'ai participé à plusieurs colloques et congrès où M. Corbeil m'a présenté au couple Mulroney dont l'épouse Mila, toujours rayonnante, a gardé une bonne impression de mes deux jeunes garçons. C'est à ces mêmes occasions que M. Corbeil m'avait fait découvrir aussi M. Nolin qui travaillait pour le parti.

Devenue membre du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, à la démission du premier ministre Mulroney, j'étais tiraillée entre la fidélité à mon mentor, le ministre Corbeil, qui soutenait la candidature de Jean Charest et Kim Campbell, première femme à voir des chances sérieuses de devenir première ministre du Canada. M. Nolin, qui était coordonnateur du camp de Jean Charest, me fit remarquer que Barbara MacDougall, ministre des Affaires étrangères, soutenait M. Charest. Je fus rassurée d'autant plus que j'étais très sensible à la défense de l'environnement dont M. Charest était le ministre.

À Télé-Québec, l'animateur Michel Viens avait organisé une émission spéciale de Droit de parole sur le leadership Charest-Campbell. M. Nolin me fit l'honneur de proposer mon nom pour être panéliste; j'étais la seule immigrante et personne issue des minorités visibles. J'avais aussi convaincu beaucoup de personnes issues de l'immigration de joindre le camp Charest, un acte qui fut souligné dans un article du journaliste André Pratte, du quotidien La Presse.

Après la victoire de Mme Campbell, je pus découvrir un autre aspect de la tolérante culture politique canadienne au moment où Jean Charest devenait vice-premier ministre et M. Nolin sénateur pour renforcer l'unité du parti. Plus tard j'ai rencontré le sénateur Nolin, spécialement lors des funérailles de mon mentor, le ministre Jean Corbeil. Je m'étais à cette occasion sentie appartenir à une grande famille où je côtoyais les familles Mulroney et Charest qui fraternisaient avec mes fils qui avaient grandi.

Il y a quelques années j'ai appelé le sénateur Nolin pour lui demander des conseils sur un cas personnel et sur des problèmes d'immigration d'un proche. Son assistante, Mme Charron, m'a obtenu rapidement un rendez-vous à Montréal. J'avais trouvé le sénateur amaigri à cause de la maladie mais avec la même ouverture d'esprit qui a poussé, il y a moins d'un an, le premier ministre Stephen Harper à le nommer président du Sénat alors qu'il y a des divergences entre eux sur certains dossiers.

Que la terre soit légère à ce digne fils du Canada et du Québec comme pour mon mentor Jean Corbeil et au cardinal Jean-Claude Turcotte.

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