100 ans de solidarité

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Raoul Delcorde

L'auteur est ambassadeur de Belgique au Canada.

Le Droit

Il y a 100 ans cette semaine que l'humanité subissait pour la toute première fois les effets dévastateurs de l'utilisation des armes chimiques à grande échelle.

C'est en Belgique, pendant la Première Guerre mondiale, que dans les champs des Flandres à la fin d'avril 1915, les troupes canadiennes furent exposées à une nouvelle arme offensive: les gaz toxiques.

De nombreux jeunes Canadiens étaient engagés dans cette deuxième bataille d'Ypres au cours de laquelle, entre le 22 avril et le 25 mai 1915, à Gravenstafel, St. Julien, Frezenberg ou sur la crête de Bellewaerde, 6000 d'entre eux furent tués, blessés ou faits prisonniers.

Pour les Canadiens, la Grande Guerre commença à Ypres, là où le Corps expéditionnaire prit part à sa première bataille importante. C'est encore en Belgique que l'engagement canadien prit fin avec la libération de la ville de Mons dans les derniers jours de la guerre.

Les soldats canadiens furent consternés par l'ampleur de la dévastation dont ils furent témoins à Ypres. La destruction complète des Halles aux draps d'Ypres, édifiées 500 ans plus tôt, deviendrait le symbole de la brutalité du conflit. Un tableau de cette affligeante vision orne aujourd'hui l'un des murs du Sénat du Canada.

L'exposition Se battre en Flandre. Gaz, boue, mémoire, en cours au Musée canadien de la guerre décrit comment les Canadiens ont dû s'adapter aux horribles défis de la Première guerre mondiale en Belgique. Et c'est au cours de cette bataille d'Ypres que le lieutenant canadien John McCrae, suite à la mort de son ami le lieutenant Alexis Helmer, écrivit son célèbre poème Au champ d'honneur (In Flanders Fields).

Helmer et McCrae (qui mourut des suites d'une méningite en 1918) furent deux des 14000 soldats canadiens qui trouvèrent leur dernier repos en sol belge.

Alors que les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale nous donnent l'occasion de réfléchir aux atrocités résultant de l'utilisation des armes de destruction massive, souvenons-nous de ces dizaines de milliers de Canadiens qui combattirent dans les Flandres.

Après la guerre, l'armée belge créa une division spéciale chargée de recueillir et de se débarrasser du matériel de guerre dangereux abandonné sur les anciens champs de bataille redevenus champs agricoles.

Aujourd'hui encore, beaucoup de matériel de guerre est retrouvé. En 2014, 250 tonnes de munitions ou de «récolte de fer» ont été extraites des champs. Ces obus non explosés sont restés extrêmement dangereux et, un siècle plus tard, la Première Guerre mondiale fait encore d'innocentes victimes parmi les fermiers et travailleurs belges.

Bien entendu, comme c'est le cas lors de tous les conflits armés, les opinions sur la manière de réfléchir au passé et sur les leçons à en tirer sont variées et nombreuses. Cependant, une chose est certaine, le peuple belge n'a jamais oublié tous ceux qui y ont laissé la vie ni les communautés et nations auxquels ils appartenaient.

Ceux d'entre vous qui ont eu l'occasion de voyager en Belgique peuvent témoigner du respect sans faille et du profond sentiment de gratitude qui nous animent toujours. Depuis 1928 et pour longtemps encore, chaque soir à 20h, sous la Porte de Menin à Ypres, se tient la cérémonie du Last Post (Dernière Sonnerie) qui vient nous rappeler les victimes de la Grande Guerre.

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