Apprivoiser la consultation publique

L'intérêt public est une notion qui doit intégrer les citoyens, les organismes... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Denis Carrier

L'auteur est consultant en communication, ex-responsable de consultations publiques en Outaouais

L'intérêt public est une notion qui doit intégrer les citoyens, les organismes communautaires, les promoteurs et les élus dans une société démocratique comme la nôtre.

Ceci suppose que les activités d'information et de discussion des enjeux et des impacts sociaux, environnementaux, économiques et culturels soient facilitées par des processus transparents et par la production d'études crédibles. Ces activités doivent se dérouler dans un cadre formel et interactif respectueux. L'approche utilisée pour l'approbation du projet Windmill m'amène à me poser des questions peu importe la valeur intrinsèque du projet. Plusieurs étapes ont été réalisées à la vitesse grand V et plusieurs décisions ont été prises sans études d'impacts importantes et accessibles aux citoyens.

Au préalable, il faut faciliter l'accès aux études d'impacts complètes. Un délai raisonnable doit ensuite permettre d'en prendre connaissance. La précipitation (qualifiée habituellement de fast track) enlève beaucoup de crédibilité aux démarches alors perçues comme des consultations bidon. Une consultation véritable suppose aussi que la décision ne doit pas être prise, qu'il y a un ou des choix bien documentés et que la décision peut encore être influencée. Une consultation véritable doit reposer en somme sur le respect de l'intelligence des citoyens et n'a rien à voir avec le chèque en blanc.

Qui a raison?

Il faut éviter l'approche élitiste qui laisse croire que les promoteurs et les décideurs ont toutes les solutions et que les citoyens doivent leur accorder une confiance aveugle en évitant de ralentir le développement.

Il faut aussi pouvoir admettre que les citoyens qui s'opposent peuvent avoir raison et que ça ne signifie pas qu'ils sont mal ou peu informés. L'arrivée des nouvelles technologies facilite les échanges et le partage des connaissances modifie les relations entre les citoyens et les décideurs.

L'information spécialisée cependant circule rapidement mais parfois superficiellement. Les perceptions sur des projets mal présentés peuvent devenir aussi importantes que les données scientifiques et engendrent des situations loufoques, des théories de complot et les plus beaux quiproquos. La prise de parole publique comporte des responsabilités, des droits mais aussi le devoir de bien s'informer.

Nous devons élaborer des règles pour faire l'expérience d'une véritable communication collective non violente basée sur l'écoute et le respect mutuel. Une exigence de consultation dès le début des projets et une consultation basée sur l'information, le respect et l'écoute doivent être envisagées. Le temps investi sera vite repris par le temps souvent perdu en discussions agressives, désordonnées et peu productives.

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